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John Eliot Gardiner dirige les Saisons à Lyon

vendredi 4 décembre 2009 par Patrick Manage
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John Eliot Gardiner
DR

Soirée exceptionnelle lundi soir à l’Auditorium de Lyon, pour un programme qui n’a pourtant pas réellement attiré les foules. Et pourtant le public présent fût largement conquis par un concert exceptionnel et spectaculaire…

Il est difficile de rendre Haydn intéressant, et d’autant plus quand c’est le seul programme de toute la soirée, pour une durée bien éloignée des dizaines de symphonies que l’on connaît. John Eliot Gardiner l’a bien compris, et il relève largement le défi à la tête de son orchestre et de son chœur (qu’il a fondés respectivement en 1989 et 1964). L’interprétation donnée de l’œuvre était grandiose, et sans doute assez exceptionnelle pour être remarquée.

Chaque détail est soigné par les musiciens, rien ne semble être laissé au hasard, le tout gardant cependant un naturel étonnant. Chaque réplique, chaque solo instrumental, chaque contraste est abordé avec une détermination sans faille, et pourtant avec une apparente facilité plutôt déconcertante. La pâte sonore des cordes est incroyablement homogène, et mène à des couleurs et des nuances d’une très grande qualité. S’y ajoutent des vents qui se mêlent très habilement en accompagnement ou en teinte des cordes, ou prennent à souhait leur rôle de soliste, très complémentaire au reste de l’orchestre. On note la grande maîtrise des instrumentistes sur ces instruments anciens, dont les couleurs ne sont pas toujours aussi faciles à marier et juxtaposer que les systèmes modernes.

On peut savourer dans la cantate de l’Automne les sonneries de chasse des cornistes, debout par deux de part et d’autre de l’orchestre, le pavillon en l’air. Leur virtuosité et la sonorité du cor naturel sont plutôt impressionnantes ; pour le coup, la résonnance a l’arrière de la scène sert très bien le propos cynégétique en spatialisant d’autant plus le son.

Le chœur d’une trentaine de chanteurs dégage lui aussi une couleur et une sonorité à la fois très particulière et impressionnante quant à l’éventail de la palette sonore, tant dans les couleurs que les nuances. Au choix, il combine des caractères, des éclairages et des nuances qu’on aurait pu croire opposés. La cohésion avec le chef et l’orchestre est excellente, avec une réactivité et une homogénéité à toute épreuve.

La prestation des chanteurs est de très bonne qualité également. En revanche, l’acoustique de cette grande salle laisse à désirer, et il est toujours difficile de parvenir à s’adapter en conséquence. Ici, si les plans sonores ne posent pas de problèmes au devant de la salle (orchestre, premier balcon), il semble que les voix solistes peinent à se faire entendre au second balcon dans les airs, plutôt noyés par l’orchestre.

Enfin, la direction de John Eliot Gardiner est exquise. Placé à l’orchestre sur le côté, nous pouvions l’admirer à souhait, y compris ses expressions la plupart du temps. Tous les éléments sont données par un gestique très précise, qui semble si évidente et naturelle. On ressent l’impact du moindre mouvement ; l’intérêt de sa technique est la présence et la force que l’on ressent à l’intérieur de ses bras, ses mains ou ses doigts, à souhait : ainsi, il n’est pas nécessaire de brasser beaucoup d’air et de faire d’immenses gestes quand la force est très concentrée et très dense dans un mouvement précis comme c’est le cas ici. Très impressionnant, de toute évidence.

La représentation fût donc un succès, le public ne tarda pas à se lever presque d’un bloc, pour une ovation amplement méritée ; les cris fusent en signe de reconnaissance, d’admiration ou de remerciements, et l’orchestre et le chœur finissent par s’éclipser sous des applaudissements incessants. Performance exceptionnelle !

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- Lyon
- Auditorium
- 23 novembre 2009
- Joseph Haydn (1732-1809), Die Jahreszeiten
- Rebecca Evans, Hanne (soprano)
- James Gilchrist, Lucas (ténor)
- Matthew Rose, Simon (basse)
- Monteverdi Choir
- Orchestre Révolutionnaire et Romantique
- John Eliot Gardiner, direction






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