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Jeunes talents au Festival de Saint-Riquier : Natacha Kudritskaya

lundi 27 juillet 2009 par Richard Letawe
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Natacha Kudritskaya
©Alexander Ktitorchuk

Cette année, les concerts de la série des jeunes talents du Festival de Saint-Riquier sont tous donnés dans l’église du petit village de Bellancourt, un cadre intimiste et amical, propice à l’échange, dont la petite taille met certainement les interprètes en confiance.

Beaucoup de monde ce samedi matin pour suivre le récital de Natacha Kudritskaya, pianiste ukrainienne établie depuis plusieurs années en France, qui suit l’enseignement d’Alain Planès au Conservatoire de Paris. Elle n’a pas froid aux yeux, en choisissant un programme varié et difficile, mélangeant les époques, dont elle finira par triompher avec beaucoup d’honneur.

Elle commence par la Suite en la de Rameau, dont le début laisse un peu songeur : la pianiste a un peu de mal à dominer la mécanique de l’instrument, les différentes voix s’entrechoquent plutôt qu’elles ne se marient dans l’Allemande et la Courante. C’est à partir de la Sarabande qu’elle parvient à un jeu plus limpide, où les mains acquièrent une autonomie plus affirmée, et où la structure devient plus intelligible. Elle ornemente peu, mais toujours à bon escient, et son discours acquiert une évidence et une autorité de plus en plus marquées au fil de la Suite, pour arriver dans les Gavottes à un mélange de gravité, de passion et d’élégance tout à fait subjuguant.

Gaspard de la nuit de Ravel fait une très belle suite à Rameau. Après un Ondine tout en subtilité, où la rondeur et la finesse de son toucher font forte impression, la pianiste déçoit un peu dans le gibet, très sûr, mais qui manque d’intensité et de contraste dynamique. Scarbo est en revanche un grand moment. Très puissant, d’une virtuosité froide et amère, le jeu de Natacha Kudritskaya en souligne avec brio le caractère de danse grotesque, et en fait ressortir magistralement la violence houleuse.

Quant à la Sonate n°9 de Scriabine, on y trouve sous les doigts de cette pianiste à peu près ce qui peut se faire de mieux en matière de virtuosité efficace, de clarté et de qualité du chant, le tout décanté, sans la moindre recherche d’effet, au point que cette pièce difficile a ici une apparence de simplicité désarmante.

Ce récital se termine donc en triomphe, ce que notre pianiste n’avait pas prévu ; n’ayant pas préparé de bis, elle nous joue donc un petit peu de jazz avant de s’éclipser. Elle laisse le souvenir d’une musicienne exigeante et intègre, dont on reparlera encore souvent.

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- Bellancourt
- Eglise Saint-Martin
- 11 juillet 2009
- Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Suite en la
- Maurice Ravel (1875-1937), Gaspard de la nuit
- Alexandre Scriabine (1872-1915), Sonate n°9 « Messe noire »
- Natacha Kudritskaya, piano











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