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Iphigénie en Tauride au Théâtre de la Monnaie

mercredi 23 décembre 2009 par Thomas Desmet
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© Bernd Uhlig

Dans la foulée de sa nouvelle production d’Iphigénie en Aulide, le Théâtre de la Monnaie accueille le second volet de l’histoire d’Iphigénie, adaptée à l’opéra en 1779 par les soins de Christoph-Willibald Gluck et de Nicolas-François Guillard, son librettiste fraîchement rencontré.

Montée par la même équipe, hormis les principaux chanteurs, Iphigénie en Tauride porte tout d’abord les signes évidents de la continuité. Avec le décor, la scène comblant la fosse, la disposition de l’orchestre et du chœur, on retrouve les éléments du premier volet. Preuve supplémentaire que l’originalité ne doit pas provenir du décor mais bien de la narration ainsi que de l’approche psychologique des personnages.

Après avoir échappé à la mort en Aulide, Iphigénie est au service de la déesse Diane, qui l’oblige à tuer tout homme qui arrive sur ses terres. Or son frère Oreste y échoue avec son ami Pylade, suite au naufrage de leur embarcation. Prise d’affection pour le jeune homme, sans toutefois l’avoir reconnu, Iphigénie repousse le moment ultime avant de réaliser qu’il s’agit de son frère. Le moment crucial est alors atteint, soutenu par l’instrumentation. Le jeu de l’orchestre, basé sur de rapides alternances rythmiques ralantendo-accelerando, exprime merveilleusement les élans affectifs qui animent chaque personnage. Et le spectateur, suivant les gestes directeurs de Piers Maxim, a tout le loisir d’assister à la mise en place de ce jeu finement rendu.

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© Bernd Uhlig

Sur scène, Iphigénie est incarnée par la soprano allemande Nadja Michael. Très communicative et juste dans son jeu de scène, la talentueuse chanteuse tend parfois à gommer les aspérités de son chant, ce qui le rend plus flatteur pour l’oreille mais forcément moins compréhensible. A ses côtés, le duo de personnages Oreste et Pylade, respectivement interprétés par le baryton Stéphane Degout et le ténor Topi Lehtipuu, est au contraire plus enclin à la déclamation. Et ce trio, confronté à un choix inhumain, puisqu’ils doivent décider de qui d’entre eux va mourir, retient toute l’attention.

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© Bernd Uhlig

L’action occupe principalement le centre de la scène. Tout d’abord creusé, il retient dans un premier temps Oreste prisonnier. Il s’égalise bientôt, avant de s’élever et de former le véritable autel où Oreste devra mourir par la main de sa sœur. Le travail de lumière y attire le regard, et l’ensemble rend la tension palpable, tout comme la douleur.

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© Bernd Uhlig

Iphigénie en Tauride, considéré indépendamment, présente donc des qualités dramatiques incontestables. Chacun des éléments formant l’opéra, traité avec mesure, se met au service de la narration. Considéré dans la foulée d’Iphigénie en Aulide, il apparaît moins novateur et original. La continuité de décor et de la disposition, bien que légitime, omet de surprendre le public. Restent donc, pour satisfaire celui-ci, le propos et la musique, le chant et les costumes, la lumière et le plaisir !

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- Bruxelles
- Théâtre de la Monnaie
- 13 décembre 2009, à 18H
- Christoph-Willibald Gluck (1714-1787), Iphigénie en Tauride
- Mise en scène, Pierre Audi ; Décors, Michael Simon ; Costumes, Anna Eiermann ; Lumières, Jean Kalman ; Dramaturgie, Klaus Bertisch.
- Iphigénie, Nadja Michael ; Oreste, Stéphane Degout ; Pylade, Topi Lehtipuu ; Thoas, Werner Van Mechelen ; Diane, Violet Serena Noorduyn ; Un Scythe, Gerard Lavalle ; Le Ministre, Bernard Giovani ; Première Prêtresse, Helen Kearns ; Deuxième Prêtresse, Tomoko Taguchi ; Troisième Prêtresse, Anne-Fleur Inizan ; Quatrième Prêtresse, Camille Merckx
- Chœurs de la Monnaie. Chef des chœurs, Piers Maxim
- Orchestre symphonique de la Monnaie
- Piers Maxim, direction











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