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Ils ne partiront pas en vacances ensemble…

samedi 19 juillet 2008 par Richard Letawe
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P.Guillaume / Vues d’ici

Etrange concert ce soir à Saint Riquier, où Max-Emmanuel Cencic et l’Ensemble Pulcinella d’Ophélie Gaillard se sont produits conjointement, mais jamais vraiment ensemble.

Ce programme Haendel est rare et plutôt excitant, avec extraits instrumentaux et airs tirés de Faramondo, qu’on ne joue jamais, et de Serse, qu’on joue à peine plus souvent. Il débute pourtant mal, avec une Ouverture de Faramondo au rythme émollient, et à la mise en place aléatoire. Flirtant avec la justesse, les violons inaugurent une soirée qui ne les mettra pas souvent à l’honneur. L’arrivée de Max-Emmanuel Cencic, pour ses premiers airs ne permet pas non plus de vraiment lancer la soirée. Le contre-ténor semble se chauffer la voix, chante « élégamment, mais sans passion, et débite tous ses airs d’un même ton satisfait et onctueux. A sa décharge, reconnaissons que le flasque accompagnement de l’ensemble instrumental n’est guère inspirant, et que sa modestie sonore n’est pas de nature à déclencher de grands élans lyriques. [1]

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P.Guillaume / Vues d’ici

Les trois premiers airs du programme furent donc d’assez longs tunnels, le suivant par contre, « Poi che pria di morire », malgré des violons chancelants, fut mieux accompagné, et Max-Emmanuel Cencic put enfin projeter sa voix, faire rayonner ses aigus, laisser vivre le texte, émouvoir…

L’Ensemble Pulcinella se retrouve ensuite seul pour le Concerto grosso « la Folia » de Geminiani, puis dans la seconde partie, pour le concerto grosso Opus 3 n°3 de Haendel. Comme par hasard, les instrumentistes y retrouvent de l’allant, une visible joie de jouer, et malgré quelques scories, donnent de ces deux œuvres une lecture enthousiasmante, légère et virtuose, à l’équilibre parfait.

La mésentente était sensible en première partie, mais larvée, on préservait encore les apparences. Pour les airs de Serse, celle-ci devient visible : Cencic chuchote quelques remarques à l’oreille du premier violon, fait signe de presser le tempo, ne cache pas son agacement, alors que les figures des musiciens s’allongent.

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P.Guillaume / Vues d’ici

Nous ne savons pas les raisons de cette discorde, qui semble tenir à des motifs personnels, et nous ne pouvons juger des responsabilités. Musicalement, il nous semble quand même que c’est Cencic qui a raison, car l’accompagnement qui lui était servi était parfois à la limite de l’indigence. Fustiger les musiciens a au moins permis d’entendre une seconde partie vivante et énergique, même si cela tirait à hue et à dia. Libéré, Cencic est un chanteur plus qu’intéressant, dont le timbre n’est pas le plus séduisant ni le plus frais, mais dont la technique vocale est exemplaire, dont le style est d’un raffinement extrême, et dont la diction est un modèle d’intelligence.

Pour son interprétation excitante et sensible, pleine de fougue virtuose, de « Ombra mai fu », « Se bramate », « Crude furie », le contre-ténor obtient une ovation bien méritée de la part du public. Il le récompense avec « L’angue offeso mai riposa », air de Sesto tiré de Giulio Cesare, un rôle dont on sent qu’il le chante souvent, et dont il possède une compréhension intime. Il le chante avec beaucoup de conviction, et à un tempo très rapide, qui ne ménage pas un premier violon qui a fort à faire, et le fait de fort mauvaise grâce. Explosif !

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- Saint Riquier
- Abbatiale
- 15 juillet 2008
- Georg Frideric Haendel (1685-1759), Ouverture, Sinfonia de l’acte II, airs : « Rival ti sono », « Se tornire a morir », « Se ben mi lusingha » et « Poi che pria di morire », extraits de Faramondo ; Ouverture, Sinfonia de l’acte III, airs : « Ombra mai fu », « Il core opera e teme », « Se bramate », « Crude furie » ; Concerto grosso Op.3 n°3
- Francesco Geminiani (1687-1762), Concerto grosso « La folia »
- Max-Emmanuel Cencic, contre-ténor
- Ensemble Pulcinella
- Ophélie Gaillard, violoncelle et direction

[1Rappelons également, que Haendel composait pour des orchestres dont les effectifs n’avaient rien de commun avec la petite formation active ce soir. De l’opéra Haendelien, nous n’eûmes qu’un échantillon.






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