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Hummel par l’Ensemble Solstice

jeudi 18 septembre 2008 par Richard Letawe

Ce troisième concert de l’Eté musical de Roisin présentait encore une fois un joli programme original : Hummel par l’Ensemble Solstice.

L’Ensemble Solstice est une formation à géométrie variable comme on dit maintenant, réunie depuis 1997 autour de la flûtiste Isabelle Lamfalussy. L’ensemble joue sur instruments anciens, et s’est spécialisé dans l’exécution des œuvres de la période de 1760 à 1830, du classicisme aux débuts du romantisme.

Hummel à l’honneur ce soir, pianiste virtuose, compositeur fécond et célèbre en son temps, qui eut des liens avec les trois génies musicaux de son époque, Mozart, dont il fut l’élève, et qui le prit en pension chez lui entre 1786 et 1788, Haydn qui lui prodigua ses encouragements, et Beethoven, dont il fut l’ami. Successeur de Haydn à la fonction de kappelmeister des Esterhazy, puis en poste à Weimar à partir de 1817, il fit le voyage jusqu’à Vienne en 1827 pour y visiter Beethoven mourant. Malgré une présence assez régulière dans les catalogues discographiques, Hummel est peu joué au concert, si ce n’est pour quelques œuvres, comme ses concertos pour piano ou pour trompette.

Outre son important catalogue d’œuvres originales pour tous les genres, clavier, musique de chambre, concertos, symphonies, opéras, Hummel réalisa de nombreuses transcriptions des œuvres de ses aînés, symphonies de Beethoven et de Haydn, concertos et ouvertures de Mozart. Une façon de leur rendre hommage, de faciliter la diffusion de leur musique, et également pour Hummel d’étendre son répertoire de tournée.

Nous entendons ce soir l’arrangement de la symphonie n°39 de Mozart pour piano, flûte, violon et violoncelle, la formation pour laquelle Hummel réalisa la plupart de ses transcriptions. Hummel fait un travail à la fois honnête et talentueux : le caractère de l’œuvre est respecté, et malgré la réduction des effectifs, il n’y a pas d’affadissement ; la force de la symphonie mozartienne reste entière, et l’on se plaît à l’entendre par le biais de cette formation légère.

On savoure également l’excellente qualité de l’interprétation, menée par un pianiste volubile, au toucher délicat, aux phrasés subtils, et par une violoniste au jeu vigoureux et plein de caractère. Il est dommage que le quatuor ne domestique pas complètement l’acoustique du lieu, car flûte et violoncelle ne sont pas toujours parfaitement audibles.

Ces problèmes d’équilibre sont résolus pour l’exécution du septuor pour piano, flûte, hautbois, cor, alto, violoncelle et contrebasse. Ce septuor confirme les qualités de Hummel, qui n’est pas incontournable, mais qui est un compositeur talentueux, qui se place dans la filiation de Mozart, et qui produit une musique facile et charmante, manquant un peu de personnalité et de profondeur, mais très digne d’écoute. On en retient le beau thème de marche du premier mouvement, au caractère bien affirmé (rappelant un peu Schubert), le traitement virtuose de la partie de piano, les harmonies subtiles, le menuetto fiévreux, au thème un peu étrange, la noblesse de l’andante à variations, la saine vigueur du finale. Ici encore, l’Ensemble Solstice réalise une excellente prestation, équilibrée, chaleureuse et convaincue, jouant dans un style très sûr, ni trop anecdotique, ni trop passionné.

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- Eglise Saint Brice
- 30 août 2008
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- Ensemble Solstice











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