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Herreweghe et le Jeune Orchestre Atlantique entrent en scène

samedi 12 juillet 2008 par Benoît Donnet
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Ronald Brautigam
© Marco Borggreve

Le deuxième concert du festival mettait en vedette le directeur musical de l’Orchestre des Champs-Elysées, Philippe Herreweghe, intervenant régulier à l’Abbaye aux Dames. Il dirigeait le Jeune Orchestre Atlantique dans un programme classique : le concerto pour piano n°23 de Mozart, avec Ronald Brautigam, et la symphonie n°104 de Haydn.

Le Jeune Orchestre Atlantique est présent au festival de Saintes depuis de nombreuses saisons. On le retrouve aujourd’hui en forme olympique : les cordes, sans vibrato, ont un unisson remarquable, les cors naturels ainsi que les trompettes tiennent leur partie sans interventionnisme excessif ; et surtout les bois ont un fruité, une coloration très louables. Sous la direction précise et nerveuse de Philippe Herrewegghe, très inspiré aujourd’hui, ils ont livré une prestation irréprochable sur le plan technique, et artistiquement enthousiasmante.

Dans le concerto n°23 de Mozart, le soliste Ronald Brautigam, qui jouait sur pianoforte d’époque, était à l’honneur. Il est regrettable que son jeu cristallin, d’une indéniable poésie, ait été légèrement diminué par le manque de puissance de son instrument, adapté à un salon mais non à l’acoustique d’une abbaye – les passages solistes étaient bien audibles et mettaient son interprétation, fluide, impeccable et lumineuse, en valeur, mais dès que l’orchestre intervenait, l’instrument se perdait dans la masse des cordes. Ce léger bémol exposé, il faut tout de même reconnaître que le public de l’Abbaye aux Dames a pu entendre une lecture vivifiante et inspirée de ce concerto, emmenée par un Herreweghe très lyrique, n’hésitant pas à faire chanter son orchestre (deuxième mouvement) ou à sautiller d’une phrase à l’autre avec une bonne humeur très communicative (finale). Le premier volet, impérial dans sa majesté toute mozartienne, a été le plus réussi de tous dans cette prestation réjouissante.

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Philippe Herreweghe
DR

Mais le plus marquant dans ce concert remarquable a été la très brillante interprétation de la dernière symphonie « londonienne » de Haydn par Herreweghe et ses troupes. Nulle trace de raideur ici ; la lecture est spontanée, d’une pertinence et d’un naturel enthousiasmants. Si l’introduction lente, plus si lente que cela sous la direction de ce chef, plante le décor avec un peu d’empressement, l’Allegro qui s’ensuit, et qui sera bissé, est irréprochable, d’une énergie revitalisante. Tous les pupitres du JOA se sont distingués par leur qualité de jeu dans ce Haydn juvénile et souriant, à commencer par le timbalier, mais aussi les cuivres, dont la discrétion et le bon dosage sont dignes d’éloges, et les cordes au cantabile convaincant. Les ornements des bois ont apporté à l’ensemble une couleur extrêmement bienvenue et Herreweghe a su équilibrer ses pupitres avec bonheur. Le deuxième mouvement était un peu trop rapide, mais la bonne gestion du tempo qu’a imposé Herreweghe a su compenser cet allant, et instaurer une poésie très agréable. Les deux derniers volets, où tout le monde s’en donne visiblement à cœur joie, ont été rayonnants, d’une énergie indomptable, sans cesse renouvelée – le trio du menuet, avec son léger ritardando initial puis son articulation fluide et coulante, en témoigne merveilleusement. Euphorique, jouissif, le finale vaut bien les meilleurs interprétations.

Un excellent moment de fin d’après-midi en compagnie d’interprètes remarquables.

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 11 juillet 2008
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Concerto pour piano n°23 KV 488 ; Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°104 « London »
- Ronald Brautigam, piano
- Jeune Orchestre Atlantique
- Philippe Herrewegghe, direction






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