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Giovanni Bellucci à Namur

jeudi 3 janvier 2008 par Richard Letawe
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Giovanni Bellucci
DR

Une semaine après celui de Joseph Calleja, commenté ici-même, la Société Philharmonique de Namur organisait une autre récital, pianistique celui-ci, avec la venue de l’italien Giovanni Bellucci, rare en Belgique, malgré sa troisième place conquise au Concours Reine Elisabeth de piano de 1995.

Eminent interprète de Liszt, Bellucci s’est fait une spécialité de ses nombreuses transcriptions et paraphrases, spécialement du répertoire symphonique. Il est ainsi au disque au début d’une double intégrale Beethoven, des symphonies adaptées au piano par Liszt, couplées aux trente-deux sonates, et a récemment enregistré pour Decca la Symphonie fantastique de Berlioz.

C’est cette Symphonie fantastique qui ouvre le récital de ce soir, exercice de longue haleine de près de cinquante minutes. Le premier mouvement est celui qui souffre le plus de la réduction opérée par Liszt : il y manque la rumeur et les bruissements de l’orchestre, les diverses sonorités des instruments à vent, les harmonies si particulières de Berlioz, que le piano rend mal. Le pianiste n’y est pas non plus à son meilleur, son jeu est haché et alambiqué, la progression est trop systématiquement interrompue par des pauses qu’il transforme en poses à force de les souligner. Dans un Bal beaucoup plus convaincant, le jeu de Bellucci se fait plus souple, élégant et subtil. Il donne également une très belle Scène aux champs, décantée et aérienne. Bellucci y est simple, sans maniérismes, et varie la dynamique avec beaucoup de finesse.
Assez distant, un peu cérébral même jusqu’alors, le pianiste s’engage sensiblement plus dans les deux derniers mouvements. Le piano y acquiert une dimension orchestrale, avec une sonorité profonde, un emploi délibéré de la pédale, et des phrasés amples et résolus. Bellucci se déchaîne dans une Marche au supplice aux contrastes très violents, puis dans un furieux sabbat, où il fait ricaner son clavier.
Pleine de caractère et de passion, la Symphonie fantastique selon Bellucci rend justice à la transcription de Liszt, et même si la version originale de Berlioz est bien entendu préférable, les mouvements les plus réussis, comme le Bal et les deux derniers, font oublier les souvenirs de l’orchestre.

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Giovanni Bellucci
DR

En deuxième partie, Giovanni Bellucci revient au répertoire pianistique plus traditionnel avec l’Appassionata de Beethoven. Il en donne une version fulgurante, s’engageant sans arrières pensées dans un premier mouvement torrentiel. Il donne ensuite un Andante con moto très patiemment construit, aux phrasés minutieux et éloquents, et à la structure limpide, puis embrase un finale très physique, à la carrure symphonique très puissante.

Il offre ensuite généreusement un bis très judicieux, une paraphrase lisztienne encore, l’éperdue Isolde’s liebestod de Wagner, ce qui conclut en beauté un récital triomphal.

- Namur
- Théâtre Royal
- 11 décembre 2007
- Hector Berlioz (1803-18069), Symphonie fantastique, transcrite pour le piano par Franz Liszt ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Sonate n°23 en fa mineur « Appassionata »
- Giovanni Bellucci


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