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Gauthier Capuçon et Gabriella Montero : duo de charme ?

vendredi 12 juin 2009 par Carlos Tinoco
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On pourrait le croire, à les voir arriver sur scène. Lui, la mèche rebelle et elle toute de noir vêtue, précédée par une réputation de musicienne éclectique, capable de passer de séances d’improvisations retransmises depuis chez elle par internet, à la cérémonie d’investiture de Barack Obama, en compagnie de Ytzakh Perlman et de Yo-Yo Ma. Autant dire que malgré l’existence d’un disque très honorable où figuraient deux des œuvres présentées au TCE (les sonates de Prokofiev op. 119 et de Rachmaninov op. 19), on pouvait être un peu dubitatif quant à la teneur de ce que nous allions entendre. Heureusement, pas de clinquant, mais de la musique tout au long du programme, constitué en outre de la sonate pour piano et violoncelle n°2 op. 58 de Mendelssohn.

La sonate de Prokofiev a été composée en 1949 pour le jeune Rostropovitch. Elle fut aussi pour le compositeur l’occasion d’explorer les possibilités du violoncelle. De ce côté, rien à redire au jeu de Gauthier Capuçon. La souplesse de sa technique d’archet lui permet d’exposer toutes les facettes de l’œuvre sans se perdre dans la démonstration de virtuosité ni oublier de rassembler en un discours cohérent ce qui aurait pu vite devenir une simple mosaïque. Une interprétation lyrique et vibrante qui rend justice à la richesse de la sonate. En revanche, l’accompagnement de Gabriela Montero au piano reste très en retrait. Un manque de couleurs, une dureté dans les forte et surtout l’austérité de son jeu s’accorde mal avec la liberté de son partenaire. Ce qui, à la longue, finit par donner l’impression trompeuse que Gauthier Capuçon en fait trop.

La sonate Mendelssohn est plus équilibrée, et de facture très classique. Ici la retenue du piano permet d’éviter les épanchements romantiques et de dessiner une interprétation robuste. Dans cette pièce qui contient elle aussi de nombreux passages virtuoses, Gauthier Capuçon est irréprochable.

Enfin Rachmaninov nous fait retomber dans la frustration ressentie avec Prokofiev. L’agilité digitale de Gabriela Montero lui permet d’éviter tous les écueils de l’écriture, mais son jeu n’a jamais la fièvre ou la folie qu’on pourrait attendre dans cette œuvre. Manquant de réponse, Capuçon donne d’ailleurs l’impression de finir par se brider lui aussi et certains passages sont d’une joliesse suspecte. Celle-là même qui peut rendre la musique de Rachmaninov un peu sirupeuse. On ressort de tout cela perplexe : la complicité entre les deux partenaires se voit, mais elle ne s’entend pas.

Gautier Capuçon figurera au programme du douzième festival Musique et nature en Bauges qui se déroulera du 17 juillet au 22 août 2010.

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- Paris
- Théâtre des Champs Elysées
- 28 mai 2009
- Serge Prokofiev (1891-1953), Sonate pour violoncelle et piano en do majeur op. 119
- Felix Mendelssohn (1809-1847), Sonate pour violoncelle et piano n° 2 en ré majeur op. 58
- Sergei Rachmaninov (1873-1943), Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 19
- Gauthier Capuçon, violoncelle
- Gabriella Montero, piano






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