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François-Xavier Roth empoigne le bâton de commandement de l’OPL

mardi 6 octobre 2009 par Richard Letawe
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François-Xavier Roth et l’Orchestre Philharmonique de Liège
© Stéphane Dado

Il n’est pas courant d’inaugurer un mandat de directeur musical d’un orchestre symphonique avec un programme Haendel-Haydn-Holst. Entrer sur scène en tenant une grande canne surmontée de grelots, en scandant sa marche vers le podium, et dont on va se servir pour diriger tout le premier mouvement de la Music for the Royal Fireworks, c’est de l’inédit, et c’est pourtant ce qu’a osé faire François-Xavier Roth pour ce concert marquant sa prise de fonctions à l’Orchestre Philharmonique de Liège. Il ne lui manquait que les souliers à boucle, la perruque et le costume en dentelles, et en outre, il a dirigé les autres mouvements- à part la Sicilienne en frappant sur un tambour !

Musicalement, même si cette scène avait de quoi surprendre, on n’était pourtant ni dans un sketch ni dans un canular, la lecture de l’OPL, renforcé par deux théorbes et deux clavecins, est énergique, et est aussi fastueuse que souhaitable, malgré le bruit assez envahissants des grelots, qui auraient été mieux à leur place en plein air avec quelques dizaines d’exécutants supplémentaires [1], et les décalages assez fréquents causés par l’utilisation de ce lourd bâton, qui n’est pas un ustensile très maniable ni très subtil. En revanche, diriger les autres mouvements depuis le tambour est une brillante idée, les cordes suivant le rythme d’une manière très aiguisée et réjouissante.

Pour suivre, la Symphonie n°96 de Haydn, qui permet d’apprécier pleinement la spécificité de l’approche de François-Xavier Roth, chef qui aime mélanger les répertoires, et adapte le style de jeu de l’orchestre qu’il dirige à la pièce jouée. L’OPL joue donc cette symphonie de Haydn sans vibrato, avec des articulations très courtes et des phrasés tranchants. Le travail que l’OPL avait réalisé sous le mandat de louis Langrée allait déjà dans cette direction, mais François-Xavier Roth est plus radical, et c’est tout à l’honneur de l’orchestre d’avoir fait preuve d’une telle flexibilité, pour apparaître aussi convaincant, à l’aise, naturel, dans ce style qu’il semblait pratiquer comme un ensemble baroqueux de longue date. On peut cependant trouver la conception du chef un peu trop militante, essentiellement au cours du premier mouvement, à la tension et à la vivacité formidables, mais qui est aussi un peu abrupt, avec des phrasés secs et séquentiels ; on aimerait par exemple un peu plus de cantabile des cordes, même si dans le genre, c’est très bien fait. L’Andante en revanche est tout simplement exquis et gracieux, un modèle d’équilibre et de clarté, avant un menuet décapant et explosif, interrompu par un trio très poétique, où les vents semblent jouer dans un verger en fleurs, puis un finale tout en finesse, en contrastes et en surprises, et là encore d’une très grande qualité d’exécution.

On change encore d’époque pour la deuxième partie avec les Planètes de Holst, véritables morceaux de bravoure pour orchestre, que François-Xavier Roth exécutent d’une manière globalement convaincante. Ainsi, Mars dispense toute la puissance et tout l’effroi attendus, mais les musiciens ne se contentent pas de jouer comme des sourds en libérant toute la puissance dont ils sont capables, mais font aussi preuve de subtilité et de recherche dans les phrasés, pour donner de cette marche si impressionnante une vision moins « mastoc » qu’à l’habitude. Venus baigne dans une lumière irréelle, alors que la fantaisie et la vivacité de Mercure sont particulièrement bien rendues par un orchestre à la légèreté gracieuse et ailée. Dommage ensuite que le très festif Jupiter aux accents très marqués sonne aussi clinquant, le fameux hymne semblant pompeux et manquer de spontanéité. Admirablement construit, Saturne est peut-être le mouvement le plus réussi de cette interprétation, tant le chef y fait admirablement respirer son orchestre, choisissant des tempi idéaux pour parvenir implacablement à un déferlement sonore renversant, avant une fin d’une douceur extrêmement apaisante. Uranus est également une grande réussite, l’espièglerie de la direction et la rythmique bien marquée faisant défiler un orchestre déchaîné et visiblement heureux de jouer. Il est dommage alors, malgré la grande qualité orchestrale d’avoir confié la partie chorale à une maîtrise, les voix d’enfants ayant quelques problèmes de justesse et de soutien pour emmener le public à l’extase. Dommage aussi de s’échiner à clore ces Planètes qui se suffisent largement à elles-mêmes avec Pluton de Colin Matthews, qui sonne vraiment comme du sous-Holst, sans intérêt et sans personnalité. Pluton n’étant plus considéré comme une planète depuis 2006, laissons donc les Planètes se terminer dans l’apothéose mystique de Neptune.

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- Liège
- Salle philharmonique
- 25 septembre 2009
- Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Music for the Royal Fireworks
- Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°96 en Ré majeur « le Miracle »
- Gustav Holst (1874-1934), The Planets Op.32
- Colin Matthews (né en 1946), Pluto, the renewer
- Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie
- Orchestre Philharmonique de Liège
- François-Xavier Roth, direction

[1] une idée pour fêter le prochain titre du Standard de Liège au stade de Sclessin ?











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