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Flûte enchantée dans les Bauges

vendredi 28 août 2009 par Fernand Bretton

« Parrain » du Festival Musique et nature, Philippe Bender a régulièrement l’occasion de rappeler qu’il a commencé sa carrière de musicien comme flûtiste réputé, lauréat entre autre de célèbres concours internationaux comme ceux de Genève, Munich, Montreux. Si sa fonction de chef d’orchestre, sous l’impulsion de Paul Paray, a largement « éclipsé » sa carrière de flûtiste, il est évident qu’il n’a pas rangé et oublié son instrument dans un tiroir, tant la fraîcheur de son interprétation du quatuor de Mozart excellemment soutenu par les cordes, est évidente.

L’Introduction et variations pour flûte et piano de Schubert confirme que non seulement la fraîcheur, mais aussi la virtuosité sont toujours là !. En effet cette pièce, loin d’être une charmante œuvrette pour jeune élève, est un « cheval de bataille » de tous les grands flûtistes. Composée en 1823, juste après son cycle de la Belle Meunière, dont elle commente le lied Trockne Blumen, d’une durée d’environ 25 minutes, elle demande une grande virtuosité tant au pianiste qu’au flûtiste. Miriam Picker-Bleuse et Philipe Bender traduisent avec une grande maîtrise les sentiments complexes, mélange d’espoir et de découragement de Schubert.

Nous avions eu l’occasion juste avant Schubert d’apprécier les qualités de pianiste de Miriam Picker-Bleuse en duo avec Emmanuel Bleuse dans la sonate n°3 op. 69 pour violoncelle et piano de Beethoven. Son compagnon violoncelliste possède une riche sonorité, franche et sans chichi qui se révéla aussi d’une grande douceur dans le sublime adagio cantabile de cette sonate. Bien que la flûte ne soit pas son instrument favori, Mozart nous laissa cependant de belles pages pour elle, et son opéra le plus célèbre, peut être, lui rend un hommage appuyé ne serait ce que dans son titre ! La Flûte enchantée, gavée d’arias, de duos, d’ensembles mémorables, dont il se réjouit (pas très longtemps hélas !) de les entendre fredonnés dans la rue. C’est l’un de ces duos, entre Pamina et Papageno qui séduisit également Beethoven, au point qu’il le prolongea en variations pour piano et violoncelle. Miriam Picker-Bleuse et Emmanuel Bleuse nous en offrent une version pleine d’élan juvénile, où manifestement leur plaisir de jouer rejoignait celui de leurs auditeurs.

Le quatuor KV478, qui clôturait le programme, est une des œuvres majeures de musique de chambre de Mozart. En 1785, l’année des Noces de Figaro, Mozart était à Vienne au sommet de sa notoriété et sans doute de sa liberté pour exprimer ce qu’il voulait sans trop se soucier de l’accueil du public, surtout dans un genre très nouveau à Vienne, la forme quatuor pour piano et cordes, qui plus est en sol mineur , tonalité qui n’est pas pour engendrer la bonne humeur et l’insouciance, qu’il saura pourtant retrouver comme à son habitude dans le rondo final. Notre quatuor familial de ce soir nous en proposa une version d’une grande tension dans le premier mouvement, où l’entrée impérieuse des cordes donnait le ton à une pianiste à l’unisson dans sa réponse. L’andante leur permit de retrouver les accents et la sonorité grave et charmeuse dont Mozart a le secret. Pour enjoué que soit le final, le charme, un brin de nostalgie mêlé d’une certaine inquiétude témoignent d’un travail approfondi pour obtenir cette entente sans faille, pleine de nuances.

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- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Quatuor pour flûte et cordes en Ré majeur KV285 ; Quatuor pour piano et cordes en sol mineur KV478
- Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Sonate pour violoncelle et piano n°3 en La majeur Op.69 ; Variation pour violoncelle et piano sur « Bei Mannern, welche Liebe fülhen » de la Flûte Enchantée de Mozart
- Franz Schubert ( 1797 - 1828), Introduction et variations pour flûte et piano sur le lied «  Trockne Blumen  » (op posth. 160 D. 802)
- Philippe Bender, flûte
- Duo Bleuse : Miriam Picker-Bleuse, piano ; Emmanuel Bleuse, violoncelle
- Pierre Bleuse, violon
- Dimitri Hoffman, alto











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