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Flâneries musicales de Reims 2010 : Schubert par le Quatuor Voce

samedi 24 juillet 2010 par Richard Letawe
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Quatuor Voce
DR

Au lendemain du très beau concert de musique de chambre de Chopin, les Flâneries musicales de Reims accueillaient le Quatuor Voce, cette fois pour un concert entièrement consacré à Schubert. Comme la veille, la chaleur était au rendez-vous, mais également le public, qui remplissait la salle d’honneur du Palais du Tau.

Les Voce débutent leur concert par le Quartettsatz, qui se révèle être une entrée en matière périlleuse : l’interprétation est assez austère, presque froide, et semble privée du lyrisme caractéristique de Schubert. Cette froideur semble résulter du manque d’assurance de la première violon, dont la justesse est souvent mise à mal, et dont les phrasés qui manquent de galbe et d’ampleur n’entraînent pas ses trois partenaires, qui sont pourtant sonores et bien en place.

Ces problèmes persistent dans les premiers mouvements du Quintette à deux violoncelles pour lequel Ophélie Gaillard rejoint le Quatuor Voce. Sarah Dayan semble peiner à convaincre ses partenaires de la pertinence de ses phrasés, et il manque un élan commun et de la conviction au mouvement initial, dont le son d’ensemble est plutôt sec et décharné, et donc le caractère symphonique est bien peu affirmé. Le début de l’Adagio est meilleur : sobre mais poignant, avec une première violon éloquente, qui sort de sa coquille, et propose enfin une véritable continuité à son discours, et du galbe à ses phrasés. L’intermède central manque cependant de cohésion, d’élan et de précision, et le retour au thème initial est un peu bousculé, ce qui nuit à la suite du mouvement, dont l’énergie se délite, et dont le rythme semble contraint. Les musiciens se remobilisent ensuite pour donner un formidable Scherzo : l’engagement de la primarius est exemplaire, et elle galvanise ses partenaires qui font alors preuve d’une cohésion presque héroïque, et donnent au premier thème une énergie enivrante jusqu’à l’inquiétude ; l’Andante sostenuto, d’une finesse remarquable, confirmant que les ténèbres sont toujours menaçantes. Ce Scherzo marque l’apogée des Voce dans cette œuvre, ils abordent le Finale convaincus et pleins de belles intentions, mais sont fourbus par leurs efforts précédents, et perdent beaucoup de leur précision et de leur justesse, même s’ils font encore preuve d’une énergie louable.

Le bilan de ce concert est donc assez mitigé, les interprétations offertes aujourd’hui par le Quatuor Voce manquant d’aboutissement et de régularité. Soulignons quand même encore une fois à leur décharge que la chaleur était réellement incommodante, obligeant les musiciens à de longues pauses entre les mouvements, et que le Quatuor Voce a connu quelques semaines auparavant un changement de composition, avec l’arrivée de Florian Frère au poste de violoncelliste.

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- Reims
- Palais du Tau
- 10 juillet 2010
- Franz Schubert (1797-1828), Quartettsatz en ut mineur D703 ; Quintette à deux violoncelles en Ut majeur D956
- Ophélie Gaillard, violoncelle
- Quatuor Voce : Sarah Dayan, Cécile Roubin, violon ; Guillaume Becker, alto ; Florian Frère, violoncelle






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