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Flâneries musicales de Reims 2010 : Laure Favre-Kahn et l’Orchestre d’Auvergne

mercredi 7 juillet 2010 par Richard Letawe
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Laure Favre-Kahn
DR

Pour leur 21ème édition, les Flâneries musicales de Reims, qui se déroulent cette année du 17 juin au 21 juillet, prennent pour fil conducteur Chopin qui sera le compositeur le plus souvent joué cette année, mais aussi Schumann et Liszt. Impossible d’énumérer dans cet article les artistes qui feront partie de cette riche programmation, mais notons par exemple la présence de Laure Favre-Kahn, Yossif Ivanov, Brigitte Engerer, Vanessa Wagner, Nemanja Radulovic, de l’ensemble Contraste, des quatuors Voce et Tercera, des orchestre d’Auvergne et de Picardie, l’Ensemble orchestral de Paris, de l’Orchestre national de Belgique… Signalons encore que les tarifs sont globalement très abordables, que de nombreux concerts sont en outre gratuits, et que les Flâneries ont également une programmation jazz qui est aussi fournie que la partie classique.

Nous débuterons nos comptes rendus des Flâneries avec ce concert donné par l’Orchestre d’Auvergne dirigé par son chef titulaire Arie Van Beek, qui prendra la succession la saison prochaine de Pascal Verrot à la tête de l’Orchestre de Picardie. Malgré le temps radieux de ce dimanche après-midi, le public était assez nombreux à assister à ce concert qui se tenait au Cirque de Reims, un endroit où régnait malheureusement une chaleur à la limite du supportable.

Les musiciens ont donc bien du mérite de proposer en ouverture de programme un Divertimento pour cordes KV136 de Mozart aussi réussi, vif, léger et subtil, très bien articulé, aux textures légères et aux sonorités élégantes, qui séduit par la justesse et le naturel des tempi, et produit un effet presque rafraîchissant.

Mené par un chef précis et impliqué, l’orchestre continue à se montrer excellent dans le Concerto pour piano n°2 de Chopin, présenté ici dans un arrangement pour cordes dont l’auteur n’est pas mentionné dans le programme, mais qui est par ailleurs très réussi, les chefs de pupitres reprenant judicieusement l’essentiel des solos pour instruments à vent originels. Le rôle de l’orchestre dans les concertos de Chopin n’étant pas très intéressant, répartir le travail sur moins de pupitres permet de les tenir plus aisément en éveil, et de ce point de vue, les musiciens de l’Orchestre d’Auvergne se montrent exemplaires, motivés et parfaitement préparés. La soliste Laure Favre-Kahn n’est cependant pas au niveau qu’on pouvait attendre, et semble souffrir du trac et de la chaleur. Le premier mouvement est indigeste : le toucher de la pianiste est dur et inégal, le rubato mal dosé, et le contrôle harmonique est périlleux, ce qui rend difficile la perception de la ligne mélodique. On sent de bonnes intentions dans le larghetto, où elle cherche la simplicité et la noblesse de ton, mais le contact avec le clavier reste dur, et les phrasés manquent de naturel et de continuité. Le mouvement final est sympathique et bien enlevé, mais la propreté technique n’est toujours pas au rendez-vous. Malgré les belles dispositions de la pianiste, qui dialogue de façon très chambriste ave l’orchestre, ce concerto est donc une petite déception, mais Laure Favre-Kahn aura l’occasion dans des conditions moins incommodantes de remettre Chopin à son clavier le 18 juillet prochain à l’Opéra de Reims, dans un programme entièrement dédié au compositeur polonais.

Après une pause bien méritée, retour au chaud pour la seconde partie que l’Orchestre d’Auvergne et son chef entament par un fascinant et intense Angélus ! de Liszt, dans lequel la cohésion instrumentale, la densité des sonorités et la variété des nuances sont admirables.

Pour terminer, les Variations sur un thème de Franck Bridge de Britten, où on sent de façon très palpable la fusion et l’entente qui règnent entre Arie Van Beek et ses musiciens, dans une pièce dont ils maîtrisent tous les aspects, la rythmique, la relation entre les tempi, les variations dynamiques et l’équilibre très délicat entre les pupitres. D’un geste clair et souple, le chef donne à chaque variation son caractère tout en préservant l’unité de l’ensemble. Un vrai régal que cette œuvre tellement délicieuse lorsqu’elle est interprétée avec cette maîtrise, et une conclusion bienvenue à un concert dans lequel l’orchestre s’est montré tout à fait excellent.

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- Reims
- Cirque
- 27 juin 2010
- Wolfgang Amadeus Mozart (756-1791), Divertimento en Ré majeur KV136
- Frédéric Chopin (1810-1849), concerto pour piano n°2 en fa mineur Op.21
- Franz Liszt (1811-1886), Angélus pour cordes
- Benjamin Britten (1913-1976), Variations sur un thème de Franck Bridge op.18
- Laure Favre-Kahn, piano
- Orchestre d’Auvergne
- Arie Van Beek, direction






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