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Finesse perdue dans la brume

mercredi 26 janvier 2011 par Laurent Marty
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Trio Dali
© Julien Mignot

Après avoir reçu kyrielle de prix dans les concours internationaux, le Trio Dali a récemment fait parler de lui dans la presse avec la publication très applaudie d’un premier disque consacré à Ravel. Ce concert venait donc à point pour découvrir in persona ces jeunes musiciens dans un programme dont, à dire vrai, l’unité ne nous a pas vraiment sauté aux yeux.

Le Trio n°6 de Beethoven donnait l’occasion d’apprécier le brio technique de cette formation, la pureté d’intonation des cordes se mariant très heureusement à un piano d’une grande finesse. L’interprétation se construisait ainsi autour de l’opposition entre l’engagement parfois physique de cordes et le toucher aérien du clavier, mais sans excès d’aucune sorte. Bel exemple de classicisme élégant privilégiant la pure beauté mélodique aux élans rythmiques, heureusement retenus dans une approche volontairement épurée. Malheureusement, tant de finesse se perdait dans les confins de l’acoustique particulièrement confuse du salon rouge, véritable hall de gare où, de surcroît, le piano et les cordes n’auraient pas été sur le même quai.

Cette acoustique assez piètre grevait largement un très énergique Trio de Ravel. L’interprétation, d’une belle nervosité, se perdait malheureusement dans la confusion, les traits rapides ne surnageant que de loin en loin. La couleur d’ensemble restait belle, difficile pourtant de juger des équilibres dans ces conditions.

L’inattendu Trio de Mauricio Kagel, constituait sans doute le sommet du concert. Cette partition, écrite au moment des attentats du 11 septembre 2001, surprend dans la carrière d’un compositeur dont on avait jusqu’ici surtout retenu les compositions électro-acoustiques. Pièce d’un langage somme toute très accessible, à la construction complexe mais claire, d’une sobriété très concentrée. Plusieurs mouvement enchaînés parcourus d’une tension dramatique permanente allant presque jusqu’au malaise, traversés de brusques éclairs de violence auxquels succèdent de longues poses aux sonorités fantomatiques. Il y a quelque chose de Schubert dans cette sorte d’errance sans horizon, presque totalement dénuée d’espoir. Eprouvant, mais captivant - et superbement joué.

Beau concert, donc, que nous aurions aimé entendre dans un cadre plus favorable.

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- Toulouse
- Musée des Augustins
- 19 janvier 2011
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Trio n°6 en Mi bémol majeur Op.70 n°2
- Mauricio Kagel (1931-2008), Trio n° 2 Op.36
- Maurice Ravel (1875-1937), Trio en la mineur
- Trio Dali : Vineta Sareika, violon ; Christian-Pierre la Marca, violoncelle ; Amandine Savary, piano











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