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Fin de saison à Genève avec Don Carlos

mercredi 9 juillet 2008 par Fernand Bretton
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© GTG-Isabelle Meister

Pour terminer sa saison, le Grand Théâtre de Genève proposait un Don Carlos (version de Milan) de grande classe, principalement en ce qui concerne la partie musicale...

Non pas que la partie théâtrale souffrît de faiblesse, mais on pourrait la qualifier de plus banale et lui reprocher de manquer un peu d’originalité. Ces remarques ne concernent en rien le jeu des chanteurs aussi remarquable que leur chant ! Mais l’absence totale de décors, remplacé par un mur amovible peint de teintes rouge et noire finit par laisser une impression de monotonie et d’austérité, qui certes n’est pas en contradiction avec l’époque et le drame qui se déroule. La mise en scène est fidèle à l’histoire, du moins celle du drame de Schiller dont le livret est tiré, et qui fait quelques entorses à la vérité historique, principalement dans le personnage de Don Carlos qui, bossu, épileptique et mentalement retardé, bien qu’en conflit avec son père, n’a semble t-il jamais connu cette histoire d’amour avec sa belle mère, qui effectivement lui avait été promise dans un premier temps !

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© GTG-Isabelle Meister

Orlin Anastassov, jeune basse bulgare de 32 ans a déjà pratiquement dix ans de carrière derrière lui, et campe un Philippe de grande stature scéniquement et vocalement. Nous pouvons tout juste regretter que sa position couchée et complètement allongée dans son lit pour la première partie de sa longue méditation sur sa solitude, n’était pas très adaptée pour projeter la voix, qui a de fait paru un peu faible, mais qui bien vite a repris toute sa splendeur lorsqu’il s’est levé pour terminer.

Vittorio Grigolo, né à Arezzo en 1977, est un Don Carlos, passionné et tourmenté, superbement servi par une belle voix de ténor, claire et puissante. Anthony Michaels-Moore en marquis de Posa ne mérite également que des louanges. Kristin Sigmundsson en grand inquisiteur est très impressionnant avec sa voix de bronze sortie d’un corps branlant sur deux cannes et à moitié aveugle. Comment mieux exprimer la dureté d’un tel personnage au service de sa puissante église sous le prétexte d’être au service de Dieu ?

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© GTG-Isabelle Meister

Michele Capalbo en Elisabeth nous offre des moments sublimes de grâce avec des aigus d’une douceur indicible, qui font d’autant plus regretter un vibrato un rien excessif dans les passages chantés « forte ». Sylvie Brunet est une princesse Eboli...souveraine pourrait on dire : pas une faille dans cette belle voix sombre, d’une grande homogénéité sur toute l’étendue de son registre. Les rôles secondaires sont de la même eau, avec une mention particulière pour Nicolas Testé impressionnant de beauté vocale dans le rôle qui ouvre et ferme l’opéra : un moine qui pourrait bien être « l’esprit » de Charles Quint !
L’orchestre et les chœurs, dirigés de main de maître par Roberto Rizzi Brignoli, remplaçant de Nicola Luisotti souffrant, ont été le ciment de la réussite d’un très beau spectacle.

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- Genève
- Grand Théâtre
- 28 juin 2008
- Giuseppe Verdi (1813-1903), Don Carlo
- Mise en scène, Enrico de Feo d’après la mise en scène originale de Patrice Caurier et Moshé Leiser ; Décors, Christian Fenouillat ; Costumes , Agostino Cavalca ; Lumières, Christophe Forey
- Philippe II : Orlin Anastassov ; Don Carlos : Vittorio Grigolo ; Rodrigue, marquis de Posa : Anthony Michaels-Moore ; Le grand Inquisiteur : Kristinn Sigmundsson ; Un moine : Nicolas Testé ; Elisabeth de Valois : Michele Capalbo ; La princesse Eboli : Sylvie Brunet ; Thibault : Teodora Gheorgiu
Une voix du ciel : Svetlana Doneva ; Le comte de Lerma et un Hérault : Terige Sirolli
- Choeur du Grand Théâtre dirigé par Ching-Lien Wu
- Orchestre de la Suisse Romande
- Roberto Rizzi Brignoli, direction






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