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Festival de Saintes 2009, le 19 juillet

vendredi 31 juillet 2009 par Benoît Donnet
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Philippe Herreweghe
DR

En guise de conclusion à une édition 2009 riche et diverse, le Festival de Saintes propose l’immense oratorio Elias de Mendelssohn, dont on célèbre cette année le 150ème anniversaire de décès ; l’occasion pour des interprètes inspirés de briller et de clore ces dix jours saintais dans la gloire.

Elias fut composé par Mendelssohn après le succès de son premier oratorio, Paulus, et à peu près dans la même veine que ce dernier, avec toutefois des accents et des aspects plus intimistes. L’oratorio, sinueux dans sa structure, mêle une profusions d’airs chantés et de récitatifs avec des choeurs de la plus haute réalisation, le tout durant près de trois heures et s’appuyant sur des poèmes en allemand, inspirés de l’« Elie » de l’Ancien Testament, et adaptés par Karl Klingemann. L’expressivité de
l’oeuvre, malgré une richesse contrapuntique et une rigueur formelle directement héritées du siècle précédent, de Haendel en particulier, est toute romantique et s’inscrit bien dans l’air du temps, avec des airs très chargés mélodiquement, un orchestre omniprésent et très illustratif, de nombreux contrastes, de la violence même parfois, et souvent de la ferveur. Si la scène de la tempête apparaît comme le recyclage tardif, par Mendelssohn, d’un véritable topos du genre [1], l’oratorio gagne une vraie personnalité, de la vigueur et du caractère. Majesté, puissance, noblesse et ferveur religieuse semblent caractériser une musique habilement écrite et venue, on le sent sans difficulté à l’écoute, droit du coeur.

Malgré la longueur et les difficultés de la partition, l’exécution dont l’Abbaye saintaise a été le théâtre nous a semblé très satisfaisante. Le quatuor de voix solistes est dominé par la voix extraordinairement puissante et impérieuse du baryton-basse Florian Boesch, d’une efficacité dramatique et technique époustouflante, qui incarne bien la passion religieuse, sinon le fanatisme. Le ténor Benjamin Hullett a livré une prestation poétique et nuancée mais qui, à côté des éclats de Boesch, paraît presque trop timide. Les deux femmes sont en revanche parfaites et on note le timbre très agréable de la soprano Saturova, ainsi que l’expressivité très cantabile de l’alto Stotjin.

Les choeurs, s’ils ont parfois été un peu confus dans la gestion des entrelacs contrapuntiques qu’instaurent l’oeuvre, en particulier dans la première partie de l’oratorio, n’appellent guère le reproche et concluent avec un réel brio (quelle redoutable précision dans la scène de la tempête et quelle prononciation !) et une exactitude parfaite. L’Orchestre des Champs-Elysées est également dans son élément, et, même s’il demeure plus assagi que lesfougueux coursiers du JOA, il offre une performance vive, colorée et contrastée, où les cors s’illustrent tout particulièrement, mais où la section de cordes, que l’on a vue en
difficulté vendredi dans la Nuit transfigurée, n’a désormais plus rien à se reprocher. Voilà qui pourra apaiser les craintes d’un Philippe Herreweghe qui en dépit d’une maîtrise certaine de la musique, nous a paru bien nerveux : il n’avait pourtant pas de quoi s’inquiéter, car sa direction, précise et très engagée, faisant bénéficier les exécutants (choristes en particulier) d’une attention de tous les instants, ne suscitera de notre part aucune remarque négative - et l’on se prend au contraire à admirer la qualité de son travail avec l’OCE.

Si ce festival a pu nous réserver quelques déceptions, nous les voyons toutes compensées par l’excellence réelle et authentique du concert de ce soir, dont le mélange de précision et d’enthousiasme sont bien dignes de l’esprit de Saintes. A l’année prochaine !

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 19 juillet 2009
- Félix Mendelssohn (1809-1847), Elias, oratorio op.70
- Simona Saturova, soprano
- Christianne Stotijn, alto
- Benjamin Hullett, ténor
- Florian Boesch, baryton
- Nathalie Siebert, soprano
- Collegium Vocale Gent
- Accademia Chigiana Siena
- Orchestre des Champs Elysées
- Philippe Herreweghe, direction

[1on pense à l’oratorio - au passage superbe et très recommandable – Job de Dittersdorf, cinquante années plus tard






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