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Festival de Saintes 2009, le 18 juillet

mercredi 29 juillet 2009 par Benoît Donnet
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Hervé Niquet
DR

Sous la baguette d’Hervé Niquet, le Jeune Orchestre Atlantique, pour son
deuxième stage du festival, a exécuté avec brio et enthousiasme des symphonies
romantiques respectivement signées Onslow et Mendelssohn. Un concert emporté, plein
d’engagement et de vie.

La musique de George Onslow, compositeur français d’origine auvergnate, est toujours
restée dans l’ombre des maîtres qui lui étaient contemporains, et a pâti, déjà du
vivant du compositeur, de la comparaison avec l’esthétique du temps : d’esprit
classique, de facture soignée mais peu audacieuse, elle a paru démodée au public de
l’époque, fasciné par Beethoven, et suscite encore aujourd’hui une certaine
méfiance de la part des mélomanes, qui ont tendance à y voir une beauté fade et,
pour paraphraser Victor Hugo à propos de Mozart, « déjà ridée ». Bien à tort : les
symphonies signées par Onslow témoignent d’un sens aigu de la structure formelle,
des propositions et de la construction dramatique : plus qu’un Spohr, par exemple,
Onslow sait bâtir des propositions musicales solides et bien appuyées sur une
thématique inspirée. Certes moins violente que celle de Beethoven - mais plus
énergique que celle de Spohr -, sa musique se déploie dans des sphères d’élégance et de noblesse raffinées et assurément séduisantes pour l’amateur de musique romantique.

Le programme a semble t-il raison d’associer cette oeuvre avec une symphonie de Mendelssohn : l’affinité esthétique des deux musiciens est évidente. La Première symphonie d’Onslow et la Réformation de Mendelssohn datent d’ailleurs de la même année : 1830. Mais elles diffèrent dans leur esprit comme dans leur caractère : là où Onslow écrit une musique abstraite attrayante et sûre d’elle-même, pleine de subtilités et de demi-teintes,
Mendelssohn obéit à une visée plus circonstancielle qui est celle de la célébration
du tricentenaire de la Confession d’Ausbourg, acte de naissance plus ou moins
officiel du protestantisme dont il était un fervent adepte. De fait, le ton y est
plus extraverti, plus ouvertement significatif : le propos se défait de l’abstraction pour finalement se fonder sur le choral « Ein feste Burg ist unser’Gott » dans le finale de l’oeuvre.

Hervé Niquet, plus célébré pour ses interprétations du répertoire baroque (français
en particulier) que pour sa qualité de chef romantique, se montre toutefois à l’aise
dans l’exécution d’oeuvres dont il élabore l’agogique avec talent.
Tout en convoquant un effectif considérable de cordes, il accentue le rôle des
cuivres et des percussions, ce qui confère à l’orchestre une sonorité tonitruante
des plus exaltantes, tout en respectant l’esthétique fondamentale des équilibres
(superbes mouvements lents). L’orchestre est à son aise dans une symphonie d’Onslow
dirigée avec élégance mais non sans énergie. Tout l’enthousiasme de la juvénile et
attachante formation semble ensuite éclater dans un Mendelssohn écrasant de
puissance et d’effets : si l’introduction, trop rapide à notre goût, ne respire pas
beaucoup, l’Allegro du premier mouvement (pris assez lentement par Niquet, ce qui
nous laissait craindre le pire) voit parader cuivres et timbales dans une ambiance « Sturm und Drang » plus guerrière que poétique, mais d’un résultat tout à fait plaisant. Les cuivres fatiguent un peu à l’occasion (scherzo) mais le tout demeure de bonne tenue, et l’Andante, en dépit de la célérité un peu excessive de son tempo, est d’un grand lyrisme. L’exaltation
puissante qui s’empare à nouveau de la section de cuivres dans la première moitié
du finale diminue un peu la majesté de la coda, où les instrumentistes fatiguent
très perceptiblement, mais la direction efficace et sans emphase de Niquet évite la
« pompe de circonstance » qui guette l’interprète dans un morceau surchargé de
chorals, de résolutions harmoniques triomphales et d’interventions instrumentales
cocardières (triolets "militaires" de cuivres et timbales, etc). Peut-être pas
toujours parfait (il manque très clairement des bouts de phrases dans les ultimes
mesures, et l’oeuvre est achevée en queue de poisson dans le soulagement général de la phalange), mais enthousiasmant au possible : délicieux, en un mot.

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 18 juillet 2009
- George Onslow (1784-1847), Symphonie n°1 en La majeur Op.41
- Félix Mendelssohn (1809-1847), Symphonie n°5 en Ré majeur Op.107 « Réformation »
- Jeune Orchestre Atlantique
- Hervé Niquet, direction






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