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Festival de Saintes 2009, le 17 juillet

lundi 27 juillet 2009 par Benoît Donnet
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Malcolm Martineau
DR

La soirée du 17 juillet a été l’une de plus réussies depuis le début de ce cru 2009 : après un concert d’orchestre parfois perfectible mais séduisant, Thomas Oliemans et Malcolm Martineau ont donné une lecture remarquable de l’inoubliable cycle de lieder Le chant du cygne, essentiel dans la production schubertienne.

Le concept directeur du concert de 20h00 est celui de l’union dans la différence : deux oeuvres diamétralement opposées, en termes d’époque, d’effectif, de langage, d’ambiance et de visée, y sont exécutées et coupent l’Orchestre des Champs-Elysées en deux : l’ensemble des vents s’occupe de la Gran Partita de Mozart tandis que les cordes interprètent la Nuit Transfigurée de Schönberg dans une transcription orchestrale signée de la main du compositeur. La juxtaposition d’une sérénade de Mozart, légère et fluide, et de l’oeuvre la plus expressivement romantique et sentimentale du chef de la Seconde Ecole de Vienne est heureuse : elle permet de mieux apprécier chacune des deux oeuvres en en accentuant le contraste et donc la personnalité.

Même si la très longue Sérénade KV361 de Mozart, qui dure cinquante
minutes bien sonnantes, nous semble parfois un peu fade et redondante dans certains de ses menuets, il convient en effet de souligner l’excellente prestation de l’Harmonie des Champs-Elysées, qui joue efficacement
sans chef avec sérieux et cohésion, certes sans originalité, mais sans vrais
défauts non plus, et qui déploie une sonorité riche et plaisante qu’agrémente la prestation impeccable des quatre cors de l’orchestre.

En seconde partie, Philippe Herreweghe dirige une Nuit transfigurée intense, magistralement déployée, qui pâtit toutefois d’une justesse plus qu’approximative et d’une certaine sécheresse due à l’absence totale de vibrato et de portamenti. Ce parti pris permet un allègement assuré de la pâte sonore mais n’est pas sans générer une certaine frustration. Toutefois, nous devons avouer avoir été sous le charme d’une lecture
remarquablement bien conduite, d’un geste humble et professionnel, mais non routinier, et d’un orchestre aux attaques puissantes - bien qu’un peu brouillonnes - et à l’engagement indéniable (les altos, les contrebasses !). Herreweghe obtient par ailleurs un fondu d’ensemble qui nous semble convaincant, qui s’accommode de la recherche de transparence et évite ainsi à la fois l’opacité et une neutralité désincarnée. Prestation perfectible donc, peut-être aussi stylistiquement contestable, mais ô combien excitante.

Nous revenons à un romantisme plus primitif avec le cycle de lieder de Schubert Le chant du cygne, issu de l’assemblage composite (et que Schubert n’avait pas organisé) de mélodies sur des textes de Rellstab et d’autres sur Heine. Le cycle, composé de 13 lieder, apparaît de fait coupé en deux, lui aussi, avec cinq premières pièces foisonnantes et enthousiastes, et huit autres de plus en plus épurées, au bord du silence et de l’anéantissement total sur leur conclusion. La voix brillante et vibrée de Thomas Oliemans, baryton de très bonne tenue, n’est peut-être pas celle qui convient le mieux aux lieder « juvéniles » dans leur esprit, mais rend avec tension et passion le caractère désespéré des derniers de la série ; elle s’accorde par ailleurs fort bien avec l’extraordinaire pianiste Malcolm Martineau, que nous considérons comme l’un des plus admirables accompagnateurs encore en activité et qui ne nous a pas déçu : impeccable techniquement et émouvant dans sa lecture, il écoute le baryton et le suit plus que les répétitions, un peu moins complices, ne le laissaient présager. Une très belle soirée.

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 17 juillet 2009
- 20h00
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sérénade pour vents KV 361 « Gran Partita »
- Arnold Schönberg (1874-1951), Verklärte Nacht (transcription pour orchestre à cordes)
- Harmonie des Champs-Elysées
- Marcel Ponseele, premier hautbois et direction
- Orchestre des Champs-Elysées
- Philippe Herreweghe, direction
- 22h30
- Franz Schubert (1797-1828), Der Schwanengesang (Le chant du cygne)
- Thomas Oliemans, baryton
- Malcolm Martineau, piano






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