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Festival de Saint-Riquier 2009 : Concert de clôture

mardi 25 août 2009 par Richard Letawe
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Henri Demarquette
DR

Le concert de clôture du Festival de Saint-Riquier est l’occasion de tirer un bilan de cette 25ème édition. On annonce 25% de fréquentation supplémentaire par rapport à l’année dernière, ce qui peut paraître surprenant eu égard au difficile contexte économique, mais nous pouvons confirmer que à part à Abbeville, où l’assistance était un peu plus faible qu’ailleurs, tous les autres concerts auxquels nous avons assisté étaient réellement bondés, avec un public à la fois local et originaire d’ailleurs, et parfois de loin, tels ces Hollandais rencontrés à Oneux, qui étaient ravis par la qualité des concerts et par l’ambiance sympathique du festival.

Le concert de ce soir n’échappe pas à cette tendance, l’Abbatiale de Saint-Riquier est bourrée à craquer pour ce final assuré par Henri Demarquette et l’Ensemble orchestral de Paris, dirigés par Alexander Vakoulsky. Nous avions gardé un souvenir cuisant de ce chef, qui avait médiocrement dirigé l’Orchestre national de Lille en accompagnement de Boris Berezovsky dans le concerto pour piano n°1 de Brahms.

Surprise, son ouverture les Hébrides est tout à fait décente, et même mieux, car il y instaure par sa lenteur très fluide un climat romantique et houleux très convaincant. Sa technique de direction est plutôt étrange, peu préoccupé par la précision de la battue, il se contente d’indications rythmiques minimales, et se concentre sur les phrasés, qu’il inspire à l’orchestre par des geste très théâtraux, parfois comiques, mais qui semblent efficaces quand le courant passe entre le chef et l’orchestre, ce qui est le cas ce soir.

Henri Demarquette fait ensuite son apparition. Le violoncelliste a suivi un parcours exemplaire à Saint-Riquier, y donnant d’abord un récital « jeune talent », puis un concert de musique de chambre quelques années plus tard, avant d’être aujourd’hui une des têtes d’affiche du festival. IL entame sa prestation avec une très belle et expressive Elégie de Fauré, dont il souligne avec sensibilité et sans emphase la mélancolie. Il enchaîne avec le concerto n°1 de Saint-Saëns, qu’il empoigne avec beaucoup de vigueur, et un soupçon de volontarisme un peu forcé. Son jeu très extraverti s’accompagne donc de quelques duretés, de fin de phrases un peu à l’arraché. Dans l’ensemble, il reste convaincant, car son énergie est communicative, et il trouve un bel écho dans l’orchestre, mais on pourrait préférer un jeu un peu plus fin et plus propre.

Dernière œuvre du programme, la jolie Symphonie en Ut de Bizet allait-elle résister à la direction à l’emporte-pièce du chef ? Eh bien oui, car Vakoulsky sous ses airs théâtraux de matamore cache beaucoup de sensibilité. Les mouvements extrêmes sont un peu rustiques, mais pleins de fraîcheur, et l’Adagio, d’une lenteur hypnotique, est mené avec beaucoup de charme et de délicatesse, inspirant au plus haut point un hautbois absolument magnifique. Ensuite, l’EOP maîtrise son sujet, et offre un jeu enthousiasmant, avec des cordes remarquablement fines et disciplinées, aux sonorités classieuses, et des bois légers et tranchants, ressortant juste ce qu’il faut de l’orchestre. En parfait communion, orchestre et chef font preuve de subtilité et de chaleur, et couronnent ainsi en beauté une édition du Festival de Saint-Riquier pleine de promesses pour l’avenir.

L’Ensemble Orchestral de Paris sera aux Flâneries musicales de Reims le 25 juin et le 21 juillet prochains.

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- Saint-Riquier
- Abbatiale
- 19 juillet 2009
- Felix Mendelssohn (1809-1847), Les Hébrides Op.26
- Gabriel Fauré (1845-1924), Elégie pour violoncelle et orchestre, Op.24
- Camille Saint-Saëns (1835-1921), Concerto pour violoncelle n°1 en la mineur Op.33
- Georges Bizet (1838-1875), Symphonie en Ut majeur
- Henri Demarquette, violoncelle
- Ensemble orchestral de Paris
- Alexander Vakoulsky, direction






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