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Festival de Montpellier 2011 : le Quatuor Varèse au Corum

samedi 6 août 2011 par Richard Letawe

La programmation du Festival de Montpellier a fait une belle place cette année aux quatuors avec la participation des Prazak, des Parisii, des Tercea. Parmi ces formations, le Quatuor Varèse a été un invité privilégié, jouant deux programmes différents lors de cinq concerts. L’occasion pour nous de retrouver une formation qui avait bien presté lors du dernier concours Borciani, malgré son élimination au premier tour.

Les hasards de la programmation faisant bien les choses, nous avons pu entendre le Quatuor Varèse à deux reprises lors de la même journée, la première fois lors d’un « rendez-vous des jeunes talents », une série qui proposait chaque midi un concert gratuit dans la salle Pasteur du Corum.

Trois œuvres sont jouées à la suite lors de ce concert qui débute par le Quatuor n°12 KV172 de Mozart. Cette œuvre fait partie d’une série de six quatuors dits « viennois », composée par Mozart en 1773, en réaction au choc qu’avait constitué pour lui la parution des cycles de quatuors opus 17 et opus 20 de Haydn. Ces Quatuors « viennois » ont mauvaise réputation car le jeune Mozart s’y montre plutôt comme un imitateur besogneux des procédés d’écriture mis au point par Haydn, mais le Quatuor n°12 est à notre avis le meilleur de cette série, car il est moins raide, montre une réelle fraîcheur d’inspiration et fait moins l’effet d’un exercice scolaire que ses acolytes. Ses difficultés d’interprétation ne sont pas négligeables, il faut de la vivacité, de la délicatesse et une bonne cohésion pour en triompher, sans compter la bravoure que nécessite la partie de premier violon.

Les Varèse abordent ce Quatuor n°12 avec tout le sérieux nécessaire, proposant un jeu léger et brillant, mais néanmoins suffisamment dense pour ne pas paraître frivole ; de plus, François Galichet le premier violon assume résolument le style concertant de l’écriture galante, tout en veillant à ne pas tirer complètement la couverture à lui. Il manque cependant par moments un peu d’aisance dans le jeu des Varèse, qui semblent assez crispés par la diffusion en direct de leur concert à la radio. La fin du premier mouvement par exemple est assez confuse, rendant difficile la perception de la ligne principale, et l’Adagio, dont le thème semble annoncer le « Porgi Amor » des noces de Figaro, sonne sèchement, avec des phrasés un peu trop stricts et une expressivité assez chiche ; il faudrait un lyrisme plus généreux, une intonation plus constante pour rendre toute justice à ce beau mouvement. Les deux dernières parties sont meilleures, avec notamment un final rondement mené et assez subtil, même s’il reste une trace de réserve et de prudence chez des interprètes qui sont capables d’un peu plus de vigueur.

Nous admettons humblement être incompétent pour donner un avis à propos du Requiem per una maschera de Luca Antignani, et passons donc directement au Quatuor « Rosamonde » de Schubert, œuvre encore plus délicate que le quatuor de Mozart, car toute en demi-teinte, où tout doit être parfaitement contrôlé, et qui ne laisse aucune place à l’erreur, au risque que le charme s’évapore. Assez crispés, les Varèse n’y sont pas à leur meilleur aujourd’hui, essentiellement dans un premier mouvement sobre, mais aux accents lissés et monotones, et qui apparaît vite interminable. L’Andante est un revanche une belle réussite, grâce à des phrasés pudiques mais émouvants, alors que les deux derniers mouvements montrent une bonne cohésion et un volontarisme louable, mais sans que les musiciens parviennent à libérer tout à fait leur énergie, donnant au final une version efficace mais sans grâce particulière, pas vraiment ce qu’on attend dans Schubert.

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- Montpellier
- Le Corum, Salle Pasteur
- 26 juillet 2011
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Quatuor n°12 en Si bémol majeur KV172
- Luca Antignani (né en 1976), Requiem per una maschera
- Franz Schubert (1797-1828), Quatuor en la mineur Op.29 D804 « Rosamonde »
- Maurice Ravel (1875-1937), Quatuor en Fa majeur
- Quatuor Varèse : François Galichet, Jean-Louis Constant, violon ; Sylvain Séailles, alto ; Thomas Ravez, violoncelle











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