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Festival Musique et nature 2009 : Le Messie

lundi 14 septembre 2009 par Fernand Bretton

L’église de Le Chatelard-en-Bauges, « capitale » des Bauges, accueille traditionnellement le dernier concert du festival, comme le bouquet final d’un feu d’artifices. La belle acoustique de l’église (mais, et c’est un atout non négligeable du festival, aucune de celles fréquentées et obligeamment mises à disposition par le clergé local, n’a a déplorer une acoustique plus ou moins difficile !) participe de cette fête. Cette année, hommage à Haendel dont nous célébrons le 250ème anniversaire de la mort, avec son œuvre la plus célèbre, qui reste aussi un des grands chef d’œuvre de toute l’histoire de la musique. De ce point de vue un bouquet final de première classe. Et comme l’interprétation se montra à la hauteur du chef d’œuvre, notre bonheur fut complet !

Franck-Emmanuel Comte propose un Messie joyeux et ardent, sans oublier d’être dramatique dans sa deuxième partie qui relate la Passion. Ses tempos sont plutôt vifs mais sans systématisme. Dès l’ouverture son orchestre montre une belle homogénéité, avec un son chaud et plein ; il se révèlera d’une grande souplesse jusqu’au bout pour soutenir les nombreux chœurs et arias de l’œuvre. Le chœur, s’il n’atteint pas tout à fait les sommets atteints par le Monteverdi Choir de Gardiner, par le RIAS de Berlin, ou par quelques autres de cette trempe, est tout de même remarquable de virtuosité et de belles couleurs vocales, la palme revenant à un admirable pupitre de sopranos.

Dès son premier récitatif, « Confort ye, my people… » (« Consolez, consolez mon peuple dit votre dieu ») le ténor Matthieu Chapuis montre un timbre d’une grande finesse, tout à fait adapté à ce répertoire et une sensibilité d’interprétation à vous faire fondre de tant de tendresse exprimée dans la musique de Haendel. Benoît Arnoult, jeune baryton déjà remarqué dans des enregistrements de musique baroque avec Hervé Niquet et Benoît Haller, entre autres, a l’autorité vocale nécessaire, et son beau timbre sombre fait merveille dans ses arias.

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Benoît Arnould
DR

Paulin Bündgen, contre-ténor, est- il la révélation de ce Messie ? Peut être pas plus que les autres, si ce n’est que Haendel, comme Bach d’ailleurs, confie à la voix d’alto ses arias souvent les plus touchants ! Paulin Büngden est de la trempe des grandes voix de contre-ténor, puissance et beauté de timbre, comme un James Bowmann. Son « He was despised and rejected…  » (Il est l’objet du mépris des hommes) était simplement bouleversant !

Quant à Marina Venant, soprano, quel bonheur pour le public, qu’elle ait abandonné le piano pour le chant ! Nous ne la connaissons pas comme pianiste où elle était sans doute excellente, mais les bons pianistes ne manquent pas, tandis que des voix de soprano comme la sienne ne sont pas légion : un timbre rond, chaleureux, qu’on attribuerait volontiers à une mezzo, mais qui n’a aucun problème avec les aigus, lumineux, dans la continuité de son timbre, avec un vibrato juste suffisant pour donner encore plus de chaleur s’il est possible à sa voix.

Ce fut donc un Messie de grande classe qui clôtura ce festival. Le public se leva comme un seul homme, suivant dans la seconde il est vrai un couple d’anglais (en vacances peut-être ?). Comme un supplément d’hommage à Haendel et comme un remerciement aux musiciens et certainement aussi pour certains (ou beaucoup ?) un hommage au divin, pendant le célèbre « Alléluia ».

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- Le Châtelard-en-Bauges
- Eglise
- 22 août 2009
- Georg Friedrich Haendel (1685 - 1759), Messiah
- Marina Venant, soprano
- Paulin Bündgen, alto
- Matthieu Chapuis, ténor
- Benoît Arnoult, baryton- asse
- Chœur et orchestre de l’Hostel-Dieu
- Franck-Emmanuel Comte, direction











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