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Festival Juventus 2009 : le 09 juillet

mercredi 29 juillet 2009 par Richard Letawe
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Le Théâtre municipal de Cambrai était très bien garni ce soir pour ce huitième concert du Festival Juventus. Malheureusement, quelques gredins bruyants et sans gêne s’étaient glissés dans le public, dont l’un d’eux en particulier qui en se mouchant sans arrêt a transformé le Quintette avec piano de Dvorak en un Sextuor avec trompette ! Espérons que le fait d’avoir été sermonné à la fin du concert par quelques musiciens présent dans la salle lui servira de leçon…

Pour débuter ce concert, Peter Laul et Graf Mourja dans la Sonate pour piano et violon de Debussy. Malgré leur complicité, les deux artistes en donnent une version qui nous semble étrangère au caractère de l’œuvre, qu’ils transforment en un morceau de bravoure extraverti et virtuose, comme si Debussy avait composé une seconde Sonate à Kreutzer. Le jeu du duo est vigoureux et solaire, d’un engagement sincère, mais il y manque trop de nuances dynamiques, de délicatesse, de clair-obscur pour convaincre. Le violoniste a beau faire preuve de brio, ses phrasés sont trop appuyés, alors que le pianiste, malgré sa propreté a un jeu trop mécanique.

Ils devaient ensuite être rejoints par Françoise Groben, avec laquelle ils forment un trio qui a déjà fait de grandes et belles choses, mais la violoncelliste luxembourgeoise a eu un petit accident de vélo, et doit dès lors céder sa place à Julian Steckel, lauréat de 2006, pour jouer le Trio n°1 de Mendelssohn. Si le duo passait à côté de l’impressionnisme de Debussy, le trio en revanche traduit avec beaucoup de justesse le caractère romantique de Mendelssohn. Il donne de l’œuvre une version passionnée et pleine d’élan, dans laquelle chaque instrumentiste s’investit corps et âme, tout en respectant un équilibre naturel entre les parties, et en n’oubliant pas sa tendresse inhérente. On retient surtout les mouvement centraux, les interprètes donnant à l’andante une mélancolie très émouvante, puis jouant un scherzo bondissant, à une vitesse ébouriffante, et sans sacrifier la précision, mais c’est en fait chaque minute de cette interprétation qui mérite d’être louée, tant ce trio apparaît ici naturel et énergique.

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Pour terminer, un choix d’œuvre un peu plus convenu qu’à l’ordinaire, car si le Quintette avec piano de Dvorak est bien entendu un immense chef d’œuvre, il est joué très souvent un peu partout, et à Cambrai pas plus tard que la saison dernière d’ailleurs. Les interprètes en sont Alexandre Tharaud et le Quatuor Zaïde, qui donnent un premier mouvement plein de promesses. Le jeu du pianiste est comme à son habitude très soigné, avec un toucher franc et raffiné et des phrasés toujours chantants, et le quatuor s’implique résolument et sans faiblesse, faisant même preuve d’une belle maîtrise, dans des phrasés répondant à merveille à ceux de Tharaud, dans la justesse et dans l’équilibre général. Cependant, les choses se gâtent ensuite pour les Zaïde qui montrent des signes de fatigue dès la Dumka, dont l‘accouchement semble très difficile : le dialogue avec le piano n’a plus la fluidité nécessaire, les fausses notes se font nombreuses, la sonorité des cordes devient plutôt dure. Ce manque de sérénité persiste par la suite, malgré les efforts du piano pour relancer et alléger le discours, le troisième mouvement reste fort plat, alors que le finale est crispé et timoré, et manque d’esprit conquérant et d’exubérance.

Si on y ajoute les bruits d’un public dissipé et les barrissement évoqués plus haut, on obtient donc un concert assez moyen, qu’on retiendra cependant pour sa partie centrale, qui a elle tenu toutes ses promesses.

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- Cambrai
- Théâtre municipal
- 09 juillet 2009
- Claude Debussy (1862-1918), Sonate pour violon et piano en sol mineur
- Felix Mendelssohn (1809-1847), Trio n°1 pour piano, violon et violoncelle en ré mineur Op.49
- Graf Mourja, violon
- Julian Steckel, violoncelle
- Peter Laul, piano
- Anton Dvorak (1841-1904), Quintette pour piano et cordes n°2 en La majeur Op.81
- Quatuor Zaïde
- Alexandre Tharaud, piano






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