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Festival Berlioz 2009 : des trombones d’exception

mardi 15 septembre 2009 par Cyril Brun
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Jacques Mauger
photo G. Gay-Perret
pour le Festival Berlioz

Décidément, cette année le Festival Berlioz fait la part belle aux cuivres. Après les instruments mal aimés de Berlioz, les trombones auxquels, au contraire, il donna une place de choix, même si le compositeur n’en poussa pas l’usage au point de Wagner ou Bruckner.

Pour interpréter ce concert, rien moins que le Neuchâtel Bones Ensemble avec ses 6 trombones, alto, ténor ou basse, parmi les meilleurs du monde présent ou à venir, sous la direction de l’emblématique Jacques Mauger. Si la prestation fut d’une incontestable qualité, elle fut notablement gênée par une acoustique inadaptée, donnant une très forte et parfois désagréable réverbération. Dès lors, la Pavane de Ravel ne rendit pas la douceur de son effet, tant les nuances pianissimo et la rondeur du son étaient noyées par cette réverbération dans une masse sonore informe. Toutefois, les chants solistes qui parvenaient à se dégager assez bien pouvaient donner une idée de la beauté de l’ensemble, un jeu très fluide dont on ne sentait presque jamais les mouvements de coulisses.

L’extrait de Lohengrin pâtit bien plus encore de cette pâte réverbérée. Toutefois, au-delà et malgré ce handicap, on percevait très bien le fin jeu de nuances et la très bonne intégration du soliste, qui tout en étant uni à ses partenaires se démarquait assez bien, tandis que les tenues du récitatif wagnérien faisaient preuve d’un bon ensemble, conduisant à un très beau final dans une très belle progression harmonique. La Marche funèbre de Berlioz souffrit de l’acoustique en ce sens qu’il était difficile de plus et mieux marquer les accentuations, mais l’ensemble, en proportionnant le son, mit malgré tout en relief la grande douceur des crescendos d’accords après le premier solo.

On aurait pu craindre encore pour l’Adagio de Barber, mais la qualité interprétative du sextuor sut jouer avec le lieu et exprima de très beaux accords déployant la fluidité du solo, qui fut peut-être un peu rapide. Les attaques naissaient ensemble, malgré la confusion acoustique tandis que le crescendo tutti fut remarquablement bien amené et posé de façon sonore sans être éclatant. Malheureusement après la rupture de silence, la reprise se fit en appogiature tandis que le solo quelque peu haché ne s’envola pas. L’ouverture de Guillaume Tell fut l’occasion d’un fin galop avec des accents à la fois parfaitement ensemble et différenciés. La masse sonore des nuances se fit avec à propos, tandis que les soufflets courts furent d’une précision d’autant plus incroyable que l’acoustique était défavorable. Si le tempo de la Porte de Kiev fut peut-être à son tour un peu rapide, il faut souligner la douceur du piano legato et la beauté du dialogue entre les instruments saisis dans une belle unité pour un époustouflant soufflet final.

L’étude de Bruckner fut l’occasion de mettre en valeur la magnifique profondeur des graves pleins et stables. Une très très grande homogénéité faite de vie d’âme et d’une majestueuse profondeur où le grandiose n’était jamais clinquant. En revanche la marche de la Damnation de Faust fut moins ensemble sur le passage mezzo forte. Les dialogues furent saccadés et coupés, tandis que l’alto connut des aigus difficiles, pour un ensemble finalement approximatif. Seul bémol à une matinée de grande qualité qui dans un autre lieu aurait pu être exceptionnelle.

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- Le Mottier
- Eglise
- 27 août 2009
- Maurice Ravel (1875-1937), Pavane (argt. H. Robertson)
- Richard Wagner (1813-1883), Die Walküre, Act 2 (argt D. King)
- Hector Berlioz (1803-1869), Symphonie funèbre et triomphale (argt. I.Wagner) ; Marche Rakoczy (argt. D. Meteier)
- Samuel Barber (1910-1981), Adagio (argt R.Rizzi)
- Gioacchino Rossini (1792-1868), Ouverture Guillaume Tell (argt. A. Taylor)
- Modest Mussorgski (1839-1881), La Grande porte de Kiev ( Argt. G. Destanque)
- E. Crespo, Bruckner Etüde für das Tiefe Blech
- Neuchâtel Bones Ensemble






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