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Festival Berlioz 2009 : Mendelssohn reçu par Berlioz

mardi 25 août 2009 par Cyril Brun
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Fine Arts Quartet
photo G.
Gay-Perret pour le Festival Berlioz

Cette année – anniversaire oblige – Mendelssohn est à l’honneur chez Berlioz. Politesse rendue plus de 150 ans plus tard à celui qui très tôt a cru en le jeune Français, un rien original. De fait, parler d’amitié entre Berlioz et Mendelssohn serait excessif, en tout cas au sens romantique du terme, mais parler de la rencontre de deux géants de la musique, deux compositeurs, deux chefs exceptionnels et novateurs qui s’estimaient réciproquement avec beaucoup de respect, serait sans doute plus juste. Du reste, parler d’amitié avec Mendelssohn est un sujet délicat, le pauvre Schumann en sut quelque chose. Toujours est-il que 166 ans plus tard, La Côte Saint-André, au nom de son fils « prodige », rend l’invitation de 1843 à Leipzig, où Berlioz lâcha le célèbre : « Il n’est pas d’autre Dieu que Bach et Mendelssohn est son prophète ».

C’est le Fine Arts Quartet, augmenté de Danilo Rossi, qui rendit cet après-midi hommage au maître du Gewandhaus, par trois quintettes. Le Quintette en la majeur ouvrit cette matinée. Comme le Menuet en fa dièse mineur, il eut beaucoup de mal à trouver son équilibre, la prééminence du premier violon venant perturber l’équilibre constitutif du quintette. Cela n’empêcha toutefois pas la mise en valeur de chaque instrument, notamment dans le premier mouvement, du très beau violoncelle. Mais le manque d’ensemble du finale illustrait bien la difficulté qu’ont eue les musiciens à se retrouver. Sur le deuxième mouvement, les deux croches répétées du violoncelle tendaient à être poussives, alors que les motifs repris en forme de fugue étaient trop différents d’un instrument à l’autre. D’une manière générale, et ce sera la caractéristique de toute cette première partie, les instruments ne parlaient pas assez entre eux, mais s’accompagnaient mutuellement, trahissant un manque d’homogénéité et d’intégration. Le troisième mouvement connut un meilleur dialogue, du moins jusqu’à l’entrée du premier violon, et permit de mettre en valeur la belle présence du violoncelle. On hésite toutefois à attribuer ce déséquilibre à une facture trop différente du violon de Ralph Evans ou à une tendance à porter la nuance systématiquement au-dessus des autres ; trait qui sera sensible par la suite. Le très beau final du troisième mouvement permit de souligner l’unité de la partition en appelant naturellement le quatrième mouvement. On y note quelques indélicatesses de justesse dans les traits de premier violon et sur certains accents aux appogiatures indélicates. Encore une fois un beau finale, tonique, malgré un dialogue encore absent.

Le quintette n°2 fut en revanche d’une toute autre facture, avec beaucoup plus d’unité et de dialogue. Si le premier violon trônait encore par moment, l’équilibre finit enfin par se stabiliser donnant à cette formation la plénitude de sa spécificité de quintette. Toutefois, au début du premier mouvement, cette prééminence du premier violon ne permit pas aux instruments de sortir les uns des autres avec suffisamment de distinction. Pareillement les instants fugués étaient encore trop différents d’un instrument à l’autre. On sentait pourtant nettement chez Chauncey Patterson, l’altiste, le désir de ce dialogue, cherchant du regard la complicité des ses compères américains. Les nuances enfin, particulièrement les crescendi decrescendi, arrivaient brusquement et sans vraiment de vie. Mais tous ces travers ont semblé balayés pour une fin de mouvement bien plus ensemble et remarquable. C’est sur le deuxième mouvement que le quintette se trouva totalement, excepté une très légère différence de jeu entre les deux violons. Notons toutefois, que malgré ces manques d’unité, jamais les enchaînements n’ont paru artificiels, la logique du discours musical demeurant constamment présente. C’est ainsi que sur le troisième mouvement nous avons pu assister à une magnifique passation de chant du second au premier violon. Ultime moment indélicat, un manque d’expression de l’accompagnement sur la première partie du chant de premier violon. Mais après un solo tout en beauté, l’accompagnement était parfaitement en place et tout s’épousa de façon merveilleuse dans un même chant. Les nuances à leur tour prirent vie et sens, avec une magnifique reprise du violoncelle déployée avec ravissement par le premier violon. Un chant parfaitement soutenu qui éclot dans le jeu des autres instrumentistes, pour une superbe et émouvante montée vers le finale. Le dernier mouvement fit totalement oublier une première partie difficile et pour en parler il suffirait de reprendre en positif tout le discours de celle-ci. Les jeux se sont trouvés, semblables et distincts, tout en étant admirablement unis, notamment le duo d’une extrême finesse des deux violons effleurant à peine leurs cordes.

Le Fine Arts Quartet se produira au Festival Musicalta de Rouffach le 23 juillet 2010.

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- La Côte Saint-André
- Eglise Saint-André
- 20 août 2009
- Félix Mendelssohn (1809-1847), Quintette à corde n°1 en la majeur, op. 18 ; Menuet en fa dièse mineur, op.18 ; Quintette à corde n°2 en si bémol majeur, op. 87
- Danilo Rossi, alto
- Fine Arts Quartet : Ralf Evans, Efim Boïco, violon ; Chauncey Patterson, alto ; Wolfgang Laufer, violoncelle






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