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Festival Berlioz 2009 : Le cinéma s’invite chez Berlioz, l’expérience Carpe Diem, suite.

vendredi 28 août 2009 par Cyril Brun
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Photo Bruno Moussier pour le Festival Berlioz

Avec l’arrivée de Bruno Messina à la tête du Festival Berlioz, quelques nouveautés voient le jour dès cette XVIe édition. Outre une délocalisation plus importante dans les villages environnants, le cinéma fait son entrée au festival. Entrée provisoire ou permanente, sous cette forme ou sous une autre ? La réception de cette première par le public donnera sans doute le ton de l’avenir.

Cette année deux visages pour cette innovation. La projection jeudi soir au château du film de Christian Jacques, La symphonie fantastique, fut incontestablement un succès. Succès par le nombre de spectateurs qui ferait pâlir d’envie plus d’une salle de cinéma. Succès par la qualité du film de 1943. Évidemment le cinéaste, réalisateur des Pétroleuses, ne nous a pas habitué aux échecs. Film à la gloire du génie français en pleine occupation allemande, ses choix sont orientés et ses traits romantiques nationalistes parfois forcés – sans être ni faux ni déplacés. C’est du reste sûrement ce qui fit le succès du film à l’époque, n’en déplaise à Goebbels, et jeudi soir auprès du public de La Côte Saint-André.

On ne peut malheureusement pas être aussi enthousiaste pour l’autre visage cinématographique du festival. Comme le premier, ce second volet verdien revu par Carpe Diem ne fut pas concluant. Les mêmes travers de concurrence entre deux arts se retrouvaient. À cela ajoutons que les passages choisis d’Otello n’étaient peut être pas les plus adaptés et que l’ennui gagna plus d’une fois. Toutefois, la qualité musicale fut supérieure à la prestation précédente et se rapprocha nettement de la qualité dont est capable l’ensemble, comme en témoigne leur récent CD. Le quatuor vocal féminin d’ouverture fut d’emblée saisissant. Le chœur ne fut toutefois pas doublé de façon satisfaisante par le violon. La question que nous nous posions au sujet de Christine Schweitzer pour le concert précédent trouva une réponse assez claire au cours de cette représentation. Loin des défauts souhaitables pour Lady Macbeth, Desdémone, femme pure, requiert au contraire une voix claire et pure, ce qui n’est pas le cas de celle de Christine Schweitzer, peu à l’aise dans les aigus. Ses pianos sont difficilement justes et sa voix très sèche presqu’enrouée. Elle ne compensa malheureusement pas ces défauts par un véritable jeu dramatique, au contraire. Quoique d’une meilleur facture, le jeu de l’orchestre ne fut pas non plus toujours au meilleur niveau. Sur le « Amen » les tenues de flûte étaient perturbées par une sortie d’air très importante et dominante, tandis que le solo de contrebasse était souvent approximatif et parfois peu juste. Il faut souligner le chœur d’hommes constitué des musiciens de l’orchestre. Si cette métamorphose avait quelque chose d’amateur, au-delà du manque de technique vocale, on peut dire que le résultat était tout de même de qualité, malgré les aigus difficiles de ténors. Le finale enfin pourrait résumer ce deuxième volet, poussif et lourd et – disons-le sans intention blessante – sans intérêt.

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- La Côte Saint-André
- Cinéma Le Club
- 21 août 2009
- Jean-Pierre Arnaud, Otello, ciné-concert pour soprano, chœur de femmes et orchestre, extraits et transcription à partir des Otello de Giuseppe Verdi, Orson Wells et William Shakespeare. .
- Christine Schweitzer, Desdémone.
- Anne-Emmanuelle Davy, Laure Dugué, Delphine Lambert, Thi-lien Truong, chœur des femmes
- Eric Descouts, montage vidéo.
- Alain Roy, création lumière
- Jean-Bertrand Dubois, direction artistique et montage vidéo
- Marine Perez, orchestration
- Ensemble Carpe Diem
- Jean-Pierre Arnaud, direction artistique, orchestration, direction musicale.






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