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Festival Berlioz 2009 : Aux sources de Berlioz

lundi 21 septembre 2009 par Cyril Brun

Changement d’époque ! Après l’hommage à Mendelssohn, après les clins d’œil aux instruments, chéris ou abhorrés de Berlioz, après les amis de Leipzig, après les influences qui ont formé le Dauphinois en musique comme en littérature et après sa postérité, le Festival Berlioz poursuit, dans son atmosphère si familiale et bon enfant, la découverte de l’univers berliozien avec Gluck.

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Les Musiciens du Louvre-Grenoble
Photo Bruno Moussier pour le Festival Berlioz

S’il y avait des « cahiers du festival », on pourrait percevoir la très riche et ludique formation pédagogique et culturelle de cette édition. Savamment mais sans érudition pédante, avec des conférenciers brillants ou des musiciens passionnés, au cours de concerts pédagogiques ou simplement entre les lignes d’interprétation, chaque intervenant s’est ingénié à mettre en lumière une facette du multiforme Berlioz. Avec une complicité souvent visible, entrant dans le jeu passionné et passionnant, les interprètes ont construit un programme résolument autour de Berlioz. Sous le balcon de Berlioz, dans ses pas, dans ses lignes musicales ou littéraires, à son écoute, voila peut-être ce qui caractérisa cette édition.

Les Musiciens du Louvre ne firent pas exception. Certes, l’influence de Mozart ou de Haydn fut si universelle qu’il n’était guère difficile de caser l’un et l’autre dans un concert. L’admiration de Berlioz pour Gluck le rendait incontournable dans un concert « classique ». Mais les interventions théâtrales de Marc Minkovski, avec ce souci pédagogique, ont permis une magistrale illustration des rapports et des influences. Magistral n’est pourtant pas le mot le plus adéquat, cela supposerait une certaine emphase et peut-être un autoritarisme du savant qui ne fut en aucun cas celui ni du présentateur, ni du chef. Impeccable serait trop banal et ne dirait rien du souffle de ce concert. Il n’y a rien à faire, la technique et la science ne font pas tout et ne sont rien s’il n’y a pas la passion. Les Musiciens du Louvre nous ont littéralement transporté au XVIIIe siècle. L’ambiance sonore n’avait rien de comparable aux interprétations si fidèles soient-elles des grandes philharmonies. Une musique est écrite à une époque et pour des codes et des instruments d’une époque. C’est bien là qu’elle se livre le mieux et qu’elle prend toute sa dimension. Sans verser dans le purisme, il faut bien dire que cette soirée sur instruments d’époque, joués dans un pur esprit classique, n’avait rien de commun avec ce que l’on entend d’ordinaire. Et qu’il n’est guère que des ensembles similaires, comme le Cercle de l’harmonie, à parvenir à un tel niveau d’excellence.

Comme dirait Berlioz, « que faut-il que je vous dise de plus ? » Que l’équilibre était sans faille, que le jeu était impeccable, que la finesse des violons n’avait d’égale que celle des cors ? Si peut-être, des flûtes et des hautbois exceptionnels, des castagnettes enivrantes. Au parfait diapason, Mireille Delunsch fut à la fois simple et grande, comme toutes celles qui disparaissent derrière leur art pour faire vibrer l’œuvre dans le cœur du public.

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- La Côte Saint-André
- Château Louis XI
- 29 août 2009
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Idomeneo, re di Creta KV366 (extraits)
- Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°83 en sol mineur « La Poule ».
- Cristoph Willibald Gluck (1714-1787), Airs d’Iphigénie en Tauride ; Don Juan (musique du ballet)
- Mireille Delunsch, soprano
- Les Musiciens du Louvre-Grenoble
- Marc Minkowski, direction.





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