ClassiqueInfo.com




Faust au Staatsoper de Berlin

lundi 23 février 2009 par Hélène Biard
JPEG - 16.8 ko
© Staatsoper Berlin

Pour cette nouvelle production du Faust de Gounod, le Staastoper de Berlin a s’est donné les moyens de ses ambitions en réunissant un cast jeune et très prometteur, qui fait des étincelles pendant toute la soirée ; nous n’en dirons hélas pas autant en ce qui concerne l’équipe de mise en scène. Si, sur le fond l’intention était excellente, sur la forme le résultat est mitigé voire insipide surtout en ce qui concerne une scénographie qui laisse pantois.

Karsten Wieglang a choisi de transposer l’oeuvre en plein XXIe siècle, ce qui surprend quand on parle de duels à l’épée et que Méphisto est censé apparaitre vêtu comme « un vrai gentilhomme ». En ce qui concerne la mise en scène, on peut dire qu’elle est inexistante : la direction d’acteur est tout simplement absente, et les artistes doivent compter sur leur seul talent pour donner quelque chose à voir au public, qui n’a d’ailleurs pas hésité à envoyer quelques sifflets en direction de l’équipe de mise en scène dès la fin de la première partie et au salut final. Les décors et les chorégraphies n’aident vraiment pas les chanteurs, qui ont bien du mal à se mouvoir correctement entre les trois niveaux du module qui sert à la fois de taverne, de casino et de maison pendant toute la première partie. L’absence totale de décors, à l’exception d’un « rideau », durant les trois derniers actes ne permet pas de distinguer la rue, le royaume de Méphisto et la prison. Quant aux costumes seul René Pape peut prétendre en disposer pour la seconde partie de la soirée, les autres artistes eux, étant en tenues de ville.

JPEG - 28.7 ko
© Staatsoper Berlin

En revanche la distribution réunie par le Staastoper est d’un niveau excellent. Le ténor Charles Castronovo est un Faust des plus convaincants : la diction est excellente, il utilise tous les registres de sa voix avec une facilité déconcertante, et « Salut demeure chaste et pure » passe très bien. La jeune soprano Marina Poplavskaya, annoncée souffrante dès le début de la soirée, donne cependant de très belles choses à entendre malgré une diction franchement aléatoire dès le début de la seconde partie. Le Méphisto de René Pape, impérial à Orange l’été dernier, fut parfait en début de soirée, mais annoncé souffrant à la fin de l’entracte, a connu une baisse de régime notable ensuite, en particulier dans la sérénade, moins grinçante que d’habitude mais néanmoins chantée avec beaucoup de goût. Malgré son malaise, c’est quand même ce Méphisto qui a dominé l’ensemble de la distribution avec beaucoup de maestria et de classe. Parmi les seconds rôles, saluons Roman Trekel et Silvia De la Muela, tous deux auteurs de très belles prestations.

JPEG - 20.3 ko
© Staatsoper Berlin

Alain Altinoglu qui dirige l’orchestre du Staastoper le fait avec un tel enthousiasme qu’il en est parfois brouillon, et couvre de temps à autre les chanteurs évoluant sur le plateau. Néanmoins le jeune chef français se montre parfaitement à la hauteur de la confiance que lui a accordé cette prestigieuse institution. Le seul bémol est l’apparition pour le moins douteuse de trois parties parlées qui auraient sans aucun doute fait bondir le compositeur qui détestait remanier ses oeuvres. La performance du choeur, bien préparé par son chef, est également appréciable au vu d’une mise en scène qui ne lui est pas particulièrement favorable en première partie.

En résumé, si la mise en scène de ce Faustest une cruelle désillusion, l’excellente distribution, emmenée par René Pape et Marina Poplavskaya, auteurs de prestations de choix en dépit des circonstances, sauve la soirée et la réputation du Staatsoper.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Berlin
- Staatsoper
- 15 février 2009
- Charles Gounod (1818 1893), Faust, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel carré d’après l’oeuvre éponyme de Goethe
- Mise en scène, Karsten Wieglang ; Lumières, Olaf Freese ; Dramaturgie, Francis Hüsers ; Décors, Bärbl Hohmann ; Costumes, Ilse Welter
- Faust , Charles Castronovo ; Méphistophélès , René Pape ; Valentin , Roman Trekel ; Wagner , Andreas Bauer ; Marguerite , Marina Poplavskaya ; Siebel , Silvia De la Muela ; Marthe , Rosemarie Lang
- Staatsopernchor. Chef de chœur, Eberhard Friedrich
- Staatskapelle Berlin
- Alain Altinoglu, direction






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 822906

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Opéra   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License