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Farnace de Vivaldi à l’Opéra national du Rhin

dimanche 3 juin 2012 par Emmanuel Andrieu
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© Alain Kaiser

En 2003, l’Opéra de Bordeaux et Jordi Savall avaient opté pour sa seconde version - dite de Pavie (1731) -, mais c’est la dernière mouture de Farnace - dite de Ferrare (1737)- qu’a retenu l’Opéra national du Rhin pour une série de sept représentations (dont deux à venir, au Théâtre de la Sinne à Mulhouse). Initialement annoncés, Diego Fasolis et son ensemble I Borrochisti (qui ont récemment gravé l’opus vivaldien pour Virgin Classics, sensiblement avec la même équipe vocale) ont finalement laissé la place au Concerto Köln, dirigé par George Petrou.

Grande habituée des lieux, la mise en scène a été confiée à la célèbre chorégraphe américaine Lucinda Childs, grande amie de Bob Wilson, dont on elle partage le goût de l’épure, bien que de manière moins prononcée que son compatriote. Son travail repose essentiellement sur le dédoublement de chacun des chanteurs par un ou deux danseurs, idée séduisante au départ, mais qui devient plutôt ennuyeuse par la suite, de par son systématisme. Plus convaincants s’avèrent les décors et les costumes signés par Bruno de Lavenère, très esthétisants, où dominent le rouge, l’ocre et l’or. Les éclairages dramatiques de David Debrinay, particulièrement saisissants dans des images de cieux menaçants, participent également de la réussite visuelle du spectacle.

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© Alain Kaiser

Après nous avoir déçu le mois dernier à Dijon dans le Couronnement de Poppée, Max Emmanuel Cencic trouve un meilleur emploi dans le rôle-titre du chef d’œuvre de Vivaldi. Malgré quelques aigreurs dans le timbre, le contre-ténor croate convainc par l’intensité dont il pare son chant comme son jeu. Les redoutables écarts dont sont truffés les airs qui lui sont dévolus ne lui posent aucun problème et le souffle paraît à maintes reprise comme infini. Nous avouerons, par contre, ne pas avoir ressenti le frisson et l’émotion escomptés lors du sublime « Gelido in ogni vena », air le plus célèbre de l’opéra et un des plus beaux de tout le répertoire baroque.

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© Alain Kaiser

Son épouse Tamari trouve dans les moyens de la mezzo roumaine Ruxandra Donose une voix chaude et généreuse, d’une parfaite musicalité. Elle restitue à merveille, de par son jeu, le côté tendre et affectueux de son personnage. La Berenice impérieuse et percutante de Mary Ellen Nesi fait forte impression sur l’auditoire tandis que la mezzo catalane Carol Garcia (Selinda) le gratifie de son timbre sombre et capiteux, notamment dans le spectaculaire « Ti vantasti mio guerierro ». Vivica Genaux, dans le rôle de Gilade, ne fait qu’une bouchée des vocalises et trilles contenues dans ses arias, notamment dans le saisissant « Quell’usignolo ». Côté messieurs, on remarque le Pompeo du ténor espagnol Juan Sancho, doté d’un timbre vaillant, mais surtout le très expressif Emiliano Gonzalez Toro (Aquilio), extraordinaire Platée in loco la saison dernière.

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© Alain Kaiser

Le jeune chef grec George Petrou avait toute sa place dans la fosse de l’Opéra car il a assuré - avec Diego Fasolis et Frédéric Délaméa - la reconstitution de la partition ferraraise. Il faut donc l’associer à cette réussite, lui et le Concerto Köln qui offrent un accompagnement comme on en entend rarement, virtuose, énergique quand il le faut, et aux nuances subtiles. Le tout en offrant un soutien parfaitement attentif aux chanteurs.

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- Strasbourg
- Opéra
- 22 mai 2012
- Antonio Vivaldi (1678-1741), Farnace, opéra en trois actes. Livret d’Antonio Maria Luchini.
Mise en scène, Lucinda Childs ; Décors et Costumes, Bruno de Lavenère ; Lumières, David Debrinay.
- Farnace, Max Emmanuel Cencic ; Berenice, Mary Ellen Nesi ; Tamiri, Ruxandra Donose ; Selinda, Carol Garcia ; Gilade, Vivica Genaux ; Aquilio, Emiliano Gonzalez Toro ; Pompeo, Juan Sancho.
- Chœurs de l’Opéra national du Rhin. Chef des chœurs, Michel Capperon
- Ballet de l’Opéra national du Rhin
- Concerto Köln
- George Petrou, direction






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