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Fantaisies symphoniques

samedi 6 mars 2010 par Richard Letawe
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Günther Herbig
DR

Comme il y a deux ans, Günther Herbig est venu diriger l’Orchestre Philharmonique de Liège pour deux concerts donnés à une semaine d’intervalle.

Le premier de ces concerts comporte deux symphonies qui remportèrent toutes deux un immense succès lors de leurs créations respectives : la Septième de Beethoven le 08 décembre 1813 à Vienne, et la Sixième de Martinu le 07 janvier 1955 par le Boston Symphony Orchestra sous la direction de Charles Munch, ami des années parisiennes de Martinu. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, si la Symphonie n°7 de Beethoven est certainement jouée au moins une fois par jour de par le monde, toute l’œuvre de Martinu peine à s’imposer hors des frontières tchèques, malgré un renouveau discographique récent. A Liège, Martinu occupe une place modeste, mais réelle au sein de la programmation. On se souvient par exemple il y a quelques années d’une exécution du Concerto pour quatuor à cordes et orchestre.

Attaché à en dévoiler les principales lignes de force, Günther Herbig propose de ces Fantaisies symphoniques une version directe et lisible, d’une grande probité, mais manquant légèrement de flamme et de mordant, au moins dans le premier mouvement, où le chef illustre très clairement le foisonnement du début, ainsi que la parenté de certains passages avec le Requiem de Dvorak.

Les deux autres mouvements sont pour leur part de très bonne facture, avec un poco allegro au caractère fantasque, puis un final ardent et inquiétant, dont l’orchestration colorée est bien mise en valeur. Bien en place, l’OPL réagit avec souplesse et précision, et donne une lecture pleine de panache, malgré un léger manque de présence des bois, et des cordes un peu lourdes, bien emmenées pourtant par Marian Taché, un konzertmeister très motivé, au jeu vibrant et plein de caractère.

En deuxième partie, une Symphonie n°7 de Beethoven assez inattendue dans sa réalisation, car le chef a décidé d’y utiliser un vaste effectif de cordes et de doubler les bois. C’est donc une exécution assez datée qui est proposée, à la manière de Karajan en quelque sorte, qui fut justement le mentor de Günther herbig. A notre époque où les interprétations des symphonies de Beethoven- en particulier le Septième d’ailleurs- sont frénétiques et survoltées, il est bon de temps en temps d’entendre une version qui regarde résolument vers le passé, et qui assume tranquillement un vibrato généreux, un legato et une articulation confortables, une sonorité dense et charpentée. Interprétation traditionnelle ne signifie pourtant pas assoupissement ou relâchement : les tempi sont allants, la tension est bien dosée et constante, et le finale est très enlevé, alors que l’allegretto n’est ni pesant ni outrageusement pathétique. L’orchestre danse, même si le rythme n’est pas endiablé, et le son d’ensemble est robuste et rond, avec des vents qui doublés, sont évidemment un peu moins agiles.

Habitué depuis le mandat de Louis Langrée, et maintenant plus encore avec le directeur musical actuel François-Xavier Roth à jouer la musique de la période classique et du début du romantisme à la manière « dégraissée », l’OPL joue ici un peu contre nature. On note quelques déséquilibres entre bois et cordes, qui n’ont pas le grain et la plénitude sonore du Berlin des années Karajan, mais dans l’ensemble, la prestation de l’orchestre, qui semble encore une fois très enthousiasmé par la baguette de Günther Herbig, est pleine d’abnégation et de générosité.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 26 février 2010
- Bohuslav Martinu (1890-1959), Symphonie n°6 « Fantaisies symphoniques »
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°7 en La majeur Op.92
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Günther Herbig, direction






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