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Reims

Falstaff de Verdi

Grand Théâtre
dimanche 18 novembre 2007 par Richard Letawe

Le Grand Théâtre de Reims terminait sa saison lyrique avec Falstaff, dans une nouvelle production créée en collaboration avec l’Opéra Théâtre de Limoges.

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©Ville de Limoges

L’action de ce Falstaff est située à notre époque par le décorateur et costumier Enzo Lorio, qui donne un cadre dépouillé à l’intrigue. Cette sobriété visuelle permet au metteur en scène Adriano Sinivia de se concentrer sur l’action et sur les rapports entre les personnages, ce qu’il réussit plutôt bien : les acteurs sont bien dirigés, naturels et crédibles, le plateau est vivant et animé. On regrettera cependant les costumes des joyeuses commères qui, en jeans et chaussures de tennis, sont un peu trop « quotidiennes » pour un spectateur d’aujourd’hui. Le premier acte débute bien, avec une scène dans la chambre de Falstaff amusante et rythmée, le II est alerte et facile à suivre, et la scène du Parc de Windsor est assez féerique, avec brouillard artificiel, costumes aux teintes acidulées, acrobates, et Nanetta qui chante suspendue dans les airs. Il n’y a rien d’exceptionnel ni de très novateur dans ce qui est montré, mais le travail du scénographe est sérieux et réfléchi, le spectacle « tourne » bien, et le divertissement est agréable et sans prétention. Petite trouvaille : pour meubler des changements de décors assez longs, un voix off, celle du metteur en scène, commente avec un savoureux accent italien les aventures de notre héros bedonnant.

La distribution de ce Falstaff est rehaussée par la présence inattendue d’une chanteuse à la renommée internationale, en la personne de Leontina Vaduva. Sa voix a connu des jours meilleurs, et son premier acte est relativement décevant, comme d’ailleurs celui de ses partenaires, qui semblent tous en méforme, et nous font craindre un après-midi maussade. Par la suite, tout le monde se reprend, et dans le chef de Leontina Vaduva, on oublie le manque de substance d’aigus à la justesse précaire, pour profiter d’un médium souple et confortable, et de la projection et de l’abattage d’une grande dame du chant, très à l’aise, et apparemment très heureuse de fouler les planches.
Patrice Berger est un Falstaff très crédible, malgré un timbre sans beauté, et des difficultés à alléger l’émission. Cependant, l’interprète a du charisme et du charme, et il conduit son chant avec intelligence, sans forcer ses moyens.

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©Ville de Limoges

Sergei Stilmachenko en Ford se taille un beau succès : la voix manque un peu d’étoffe et d’harmoniques, mais le chant est puissant et bien phrasé, et le style très sûr. Remi Garin est un beau Fenton, charmeur et vaillant, dont la voix claire est bien menée. Malinda Haslett , sa Nanetta, a des qualités, dont un timbre léger et printanier, et fait bonne figure dans les ensembles ; mais le vibrato est envahissant. Son grand air, affecté par des aigus stridents, ne dégage pas beaucoup
de poésie. Bien que plus anonyme, le reste de la distribution est tout à fait satisfaisant. On a là une solide équipe de comprimarii aussi crédibles vocalement que scéniquement.

La direction de Guy Condette se fait vive et rythmée, le chef tirant le meilleur de l’Orchestre du Grand Théâtre de Reims. Cordes homogènes et alertes, bois fruités, cuivres assurés, on a rarement entendu cette formation aussi en forme. En conclusion : une belle représentation du dernier opéra de Verdi, amusante et satisfaisante musicalement, qui termine la saison lyrique rémoise en beauté.

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- Reims
- Grand Théâtre
- 03 juin 2007
- Giuseppe Verdi (1813-1901), Falstaff, Opéra en trois actes sur un livret d’Arrigo Boito
- Mise en scène, Adriano Sinivia ; Chorégraphie et assistance à la mise en scène, Elodie Le Van ; Costumes et décors, Enzo Iorio ; Eclairages, Maurice Salem
- Sir John Falstaff, Patrice Berger ; Ford, Sergei Stilmachenko ; Fenton, Remi Garin ; Nannetta, Malinda Haslett ; Mrs Alice Ford, Leontina Vaduva ; Mrs Meg Page, Sandrine Sutter ; Mrs Quickly, Claudia Marchi ; Dr Caius, Jean Goyetche ; Bardolpho, Roger Pujol ; Pistola, Frédéric Bourreau ; L’aubergiste, Xavier Van Rossom
- Chœur du Grand Théâtre de Reims ; chef de chœur, Jean-Marie Puissant
- Orchestre du Grand Théâtre de Reims
- Guy Condette, direction






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