ClassiqueInfo.com




Fafchamps et Lalo dans une soirée poétique à l’OPL

lundi 24 janvier 2011 par Richard Letawe
JPEG - 48.3 ko
David Cohen
© Daniel Herendt

Juste avant son premier grand rendez-vous de l’année, le festival « A toutes cordes » qui se déroule du 24 au 30 janvier, et qui propose un copieux programme de concertos, de musique de chambre et d’œuvres rares (où sont annoncés entre autres Marc Coppey, Boris Belkin, Lorenzo Gatto, Yossif Ivanov, Franck Braley, Gautier et Renaud Capuçon, le Quatuor Ysaÿe), l’Orchestre Philharmonique de Liège reprenait en douceur avec un concert au menu assez court mais très original.

Dans le cadre des festivités de son cinquantenaire, l’OPL a demandé des œuvres originales à huit compositeurs belges, donc Jean-Luc Fafchamps qui a honoré cette commande avec Lettre soufie : L(âm) créée en ouverture de cette soirée.

Pour la brochure, le compositeur a rédigé un texte explicatif assez complexe, et qui aurait plutôt tendance à rebuter l’auditeur. Très franchement, la musique de Jean-Luc Fafchamps n’a pas besoin de tout ce corpus explicatif pour convaincre, et même pour séduire. Après deux ou trois premières minutes un peu arides, au climat chargé d’électricité et de frottements dissonants, l’atmosphère de la pièce s’aère et s’allège, pour faire alors entendre des harmonies complexes mais raffinées et des textures instrumentales lumineuses, à l’effet agréablement hypnotique. Ces bruissements célestes sont conclus par un solo de flûte évanescent, au pouvoir merveilleusement évocateur, mais c’est toute l’œuvre qui se révèle prenante, développant un discours musical puissant, poétique et spirituel qui ne se résume pas à un catalogue d’effets techniques gratuits.

Fafchamps a beau donner dans son texte introductif des apparences aléatoires à sa composition, son œuvre traduit plutôt une volonté déterminée et cohérente qui ne doit rien au hasard, mais qui progresse au gré d’une structure puissante et solide, qui ne cache rien des beautés d’une musique mystérieuse, élégiaque et inventive.

L’OPL et son premier chef invité entre 2002 et 2006, Jean-Pierre Haeck qui dirige ce concert, sont des défenseurs convaincus de l’œuvre de Lalo, ils ont d’ailleurs enregistré en 2002 (Cypres 7608) le reste du programme de ce soir, entièrement consacré au compositeur lillois, qu’on a bien tort de résumer à la seule Symphonie espagnole. David Cohen, le soliste du disque, qui est maintenant violoncelliste principal du Philharmonia Orchestra est revenu à Liège, où il a souvent été invité depuis le début de sa carrière, pour jouer le concerto pour violoncelle. Les interprètes de ce soir sont donc en terrain familier dans cette œuvre dont ils maîtrisent toutes les subtilités, et où leur entente mutuelle est spécialement appréciable. Cohen souligne ainsi avec beaucoup de sensibilité la poésie et le lyrisme discret de l’œuvre, alors que le chef lui tisse un écrin léger et subtil. Reste que le jeu du soliste n’est pas tout à fait à la hauteur de ses intentions, ce qui le fait déraper dans le mouvement lent, et donne un finale assez brouillon, à la justesse parfois instable. Rein de très grave, mais de quoi gâcher quelque peu une lecture idéale du début de ce concerto.

Le concert est clos par la Symphonie en sol mineur du même Lalo, dont Jean-Pierre Haeck et l’OPL proposent une version passionnée, au souffle presque romantique. La progression du premier mouvement est ainsi impressionnante de puissance et de cohésion, suivi par un scherzo Vivace joué avec beaucoup de précision, et par un adagio sombre et orageux. Même le finale qui n’est pas de la même inspiration que les autres mouvements trouve cohérence et exaltation dans cette interprétation à laquelle on ne peut reprocher que des textures assez opaques, défaut rare quand il s’agit de l’OPL, si souvent loué pour la transparence de ses tutti.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez lâ€â„¢insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse quâ€â„¢un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de lâ€â„¢auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, nâ€â„¢hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Liège
- Salle Philharmonique
- 21 janvier 2011
- Jean-Luc Fafchamps (né en 1960), Lettre soufie : L(âm)
- Edouard Lalo (1823-1896), Concerto pour violoncelle en Ré majeur ; Symphonie en sol mineur
- David Cohen, violoncelle
- Orchestre Philharmonique de Liège
- Jean-Pierre Haeck, direction






Accueil | Contact | Plan du site | | icone statistiques visites | info visites 831413

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique symphonique   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.16 + AHUNTSIC

Creative Commons License