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Evelino Pidó dirige l’Orchestre Philharmonique de Marseille

lundi 22 décembre 2008 par Cyril Brun
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Evelino Pido
DR

Si Evelino Pidó s’est taillé une belle réputation dans le domaine de l’opéra, la soirée symphonique qu’il vient de diriger à Marseille semble révéler, du moins dans ce qui nous semble avoir été ses choix d’interprétation, une moindre appréhension de la musique symphonique. Même s’il a enchanté le public marseillais et séduit l’orchestre par son humour, il est difficile, objectivement, de dire que ce fut un bon concert.

Pidó a, semble-t-il, choisi d’interpréter Beethoven et Schubert comme de grands opéras italiens. Or il ne nous semble pas juste d’utiliser les instruments comme des voix. Le jeu est propre, l’intention est différente. Si certaines œuvres romantiques peuvent parfois prétendre à la vocalisation, on a du mal à voir en quoi cela peut se justifier ici, dans le Concerto n°4 de Beethoven et dans la Symphonie n°9 de Schubert. Ce choix a conduit l’orchestre à la confusion et à la lourdeur, transformant la Grande symphonie de Schubert en une grande fanfare. À vouloir détacher les instruments, comme s’il s’agissait de voix, l’orchestre y a perdu son unité. Les indications du chef, notamment dans Schubert, indiquaient clairement une mise en stéréo classique plus qu’un dialogue suivi et unifié de la ligne romantique. Si l’on pouvait apprécier le pupitre de cordes, globalement, bois et cuivres, souvent forcés, se trouvaient trop en dehors et souvent cuivrés. La précipitation souvent décousue, rendait difficile les ritenutos, et confus les crescendos et les fins de phrase.

Le deuxième mouvement du concerto de Beethoven, que la tradition littéraire aurait pu éventuellement transformer en page d’opéra, ne parvint toutefois pas à trouver son intensité dramatique. L’orchestre trop statique par rapport au piano, ne parvint pas à dialoguer avec lui. Il fallut, la profondeur du jeu d’Andrea Lucchesini pour, l’espace d’un court instant, entraîner avec lui l’orchestre dans une véritable interprétation beethovenienne, qui ne dura que la fin de ce mouvement lent. Très apprécié du public, le pianiste sut en effet maintenir, malgré l’orchestre, une interprétation juste et émouvante de ce concerto. Mieux encore, il est parvenu à entraîner l’orchestre, qui enfin saisi par l’expressivité de ce magnifique deuxième mouvement, sorti pour un temps de sa lourdeur. Que cela ait plu est une chose, que cela soit juste en est une autre. La réalisation technique en tout cas en a révélé les limites.

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- Marseille
- Auditorium du Pharo
- 12 décembre 2008
- Ludwig van Beethoven (1770-1827), Concerto pour piano n°4 en Sol majeur
- Franz Schubert (1797-1828), Symphonie n°9 en ut majeur, « La Grande »
- Andrea Lucchesini, piano
- Orchestre Philharmonique de Marseille
- Evelino Pidó, direction











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