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Elgar un peu terne et Holst éclatant à l’Auditorium de Lyon

lundi 5 avril 2010 par Patrick Manage
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Alisa Weilerstein
DR

Programme est alléchant et peu courant ce soir à l’auditorium de Lyon, qui n’avait pourtant pas fait le plein, peut-être parce que le public ne savait pas trop à quoi s’attendre.

Pourtant l’occasion d’entendre les Planètes n’est pas si fréquente, et c’est une musique qui change un peu des programmes plus classiques. Et c’est en effet brillant ! De chacun des sept mouvements de la suite, et dès le premier émane une force différente et un climat bien caractérisé. Andreï Boreïko mène l’orchestre d’une main de maître, et peut modeler la partition à souhait. Pour compléter le tableau, il ajoute à l’œuvre un mouvement supplémentaire, composé par Randall Meyers (dont il le est dédicataire), un mouvement ayant pour thème la planète Terre. Rappelons que les Planètes de Holst est une suite de sept mouvements, chacun d’entre eux étant dédié à l’une des planètes du système solaire (en laissant de côté la Terre). Ce mouvement est ainsi complètement intégré à l’œuvre de Holst, comme un nouveau mouvement, et sans détonner. Le style est absolument conforme, et l’ajout des chœurs bouche ouverte fait effectivement l’effet d’une arrivée sur Terre, répondant au chœur bouche fermée qui conclut Neptune, le dernier mouvement composé par Holst.

La première partie de ce concert était un peu plus terne, mais c’est sans doute aussi à cause du caractère bien différent du concerto pour violoncelle d’Elgar, à l’atmosphère plutôt tragique. Dès les premières notes du violoncelle, on est plongé dans un monde sombre, mouvementé et poétique. L’interprétation d’Alisa Weilerstein est un régal, en adéquation totale avec les intentions Elgar. A un détail près cependant : si elle y met effectivement tout son être et toute sa musicalité, on a l’impression que les nuances générales qu’elle donne flirtent à peine avec le forte. Orchestre trop fort qui la couvre, un instrument qui manque un peu de largeur et d’épaisseur de son, ou l’interprétation est-elle voulue ainsi ? C’est parfois dommage de ne pas sentir le son s’étoffer réellement et prendre vraiment de l’ampleur ; il reste très fin et timbré. Difficile peut-être de tenir un tel orchestre dans ces sonorités ! En revanche, on regrette un manque de connivence entre chef et soliste. Les gestes du premier semblent souvent imprécis, et en résultent des attaques à l’orchestre trop souvent décalées, ou encore un certain temps d’inertie presque choquant dans les dialogues avec la soliste, ce qui rend les phrasés un peu lourds. On aurait souhaité à la soliste si talentueuse et musicale un ensemble chef / orchestre plus réactif et plus à l’écoute.

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- Lyon
- Auditorium
- 27 mars 2010
- Edward Elgar (1857-1934), Concerto pour violoncelle et orchestre en Mi majeur
- Gustav Holst (1874-1934), Les Planètes, suite pour grand orchestre
- Randall Meyers (né en 1955), Gaïa, celle qui apporte la vie (création française)
- Alisa Weilerstein, violoncelle
- Solistes de Lyon Bernard Tétu ; Manuel Simonnet, préparation
- Orchestre National de Lyon
- Andreï Boreïko, direction






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