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Des raretés de Mendelssohn au programme du concert de Nouvel An de l’ORCW

dimanche 10 janvier 2010 par Richard Letawe
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Augustin Dumay
DR

L’Orchestre de chambre de Wallonie joue beaucoup d’œuvres du jeune Mendelssohn en ce début d’année : Concerto pour violon en ré mineur et Symphonie pour cordes n°12 ce soir au concert de Nouvel An à Mons, Octuor le 05 février prochain, Concerto pour violon, piano et cordes couplé à la même Symphonie pour cordes n°12 le 28 janvier lors du Festival « Visa pour l’Europe » à Liège.

Le Concerto pour violon en ré mineur était déjà au programme à l’automne d’un concert de l’orchestre à Binche, dans le cadre du Festival de Wallonie. A cette occasion, Augustin Dumay blessé au doigt inopinément avait été remplacé en tant que soliste par Jean-François Chamberlan le violon-conducteur de l’orchestre. Retour à la normale ce soir, où c’est bien le violoniste français qui est à l’œuvre.

Petit frère du célèbre Concerto en mi mineur, le concerto en ré mineur a été composé par le jeune Mendelssohn pour les réunions musicales organisées par sa famille à Berlin. Un peu bavarde, très influencée par ses modèles -CPE Bach et Mozart- l’œuvre montre néanmoins de la fraîcheur et une grande maîtrise d’écriture de la part d’un jeune surdoué de 13 ans. Le premier mouvement, au climat « Sturm und Drang » et à l’écriture rigoureuse est spécialement puissant et inventif, alors que les deux autres, d’allure mozartienne, sont un peu plus fades.

Augustin Dumay y réalise une prestation de premier ordre : son jeu est ferme, vigoureux et impérieux dans l’allegro initial, qu’il aborde avec autant de conviction et de soin que s’il s’agissait d’un des grands chefs d’œuvre du répertoire ; on peut cependant lui reprocher une légère mollesse dans l’articulation des passages rapides. La distinction et la sensibilité du violoniste font merveille dans l’andante, qu’il joue avec tenue et sobriété, sans verser dans la guimauve. De plus en plus épanoui, il donne enfin un dernier mouvement dansant et enjoué, dialoguant avec l’orchestre avec beaucoup d’esprit et de fantaisie.
Le concert continue avec la Sinfonia n°12, dont l’ORCW et Augustin Dumay donnent une version tout à fait convaincante, préservant brillamment la lisibilité du sévère contrepoint, en assurant toujours un équilibre idéal entre les pupitres. Le deuxième mouvement est certes un peu compassé, mais il évite admirablement la surcharge expressive, et c’es toute l’œuvre qui bénéficie de la rigueur et de l’austérité sans concession de la direction du chef.

On découvre après la pause la jeune soprano irlandaise Helen Kearns, élève de José Van Dam à la Chapelle musicale Reine Elisabeth depuis deux ans. Elle chante deux lieder de Strauss, pour lesquels elle n’est malheureusement pas encore prête. « Beim Schlafengehen » d’abord, expose une voix au haut médium assez faible, et à la projection insuffisante. Le chant est timide, peu expressif, le legato est inexistant, les phrasés sont scolaires. La comparaison avec la passion mise par Augustin Dumay dans son magnifique solo de violon est bien cruelle pour cette jeune chanteuse. « Morgen » est encore imparfait, avec des montées vers l’aigu compliquées, et une expressivité timorée, mais les mots u ont plus de poids, le chant est mieux posé, plus réfléchi et recherché. Le manque de maturité de l’interprète est néanmoins préjudiciable : programmer une débutante dans un répertoire aussi exigeant est un pari risqué, la preuve ce soir. Il faudra donc réentendre Helen Kearns dans un autre contexte pour évaluer ses qualités.

Le concert se termine en beauté avec la Symphonie n°21 de Mozart, où l’ORCW réalise beaucoup de bonne choses : on admire donc le jeu très nuancé des violon, et le joli rubato qu’imprime le chef à la conduite des phrasés du premier mouvement ; le charme et la légèreté de l’andante, la vigueur communicative du finale. Seul le menuet est moins abouti : on y entend quelques duretés, et la respiration des bois et des cordes n’est pas idéalement coordonnée.

Cette belle lecture de la symphonie de Mozart est donc une belle conclusion pour ce concert à l’ambiance sympathique et à la réussite indéniable. Le prochain rendez-vous de l’Orchestre de chambre de Wallonie avec le public montois se déroulera dans le cadre de la série « Mons et merveilles » le 05 février, avec le Quintette n°3 de Mozart et l’octuor de Mendelssohn.

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- Mons
- Théâtre Royal
- 05 janvier 2010
- Felix Mendelssohn (1809-1847)), Concerto pour violon n°1 en ré mineur ; Symphonie pour cordes n°12 en sol mineur
- Richard Strauss (1864-1949), Beim Schlafengehen extrait des Vier letzte Lieder ; Morgen Op.27 n°4
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Symphonie n°21 en la majeur KV134
- Helen Kearns, soprano
- Orchestre Royal de Chambre de Wallonie
- Augustin Dumay, violon et direction






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