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Décembre, Bach au TCE, la routine par Rademann…

dimanche 3 janvier 2010 par Carlos Tinoco
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Hans-Christoph Rademann
© Matthias Heyde

A Noël, on écoute des oratorios de Bach, on s’offre des marrons glacés, et on s’ennuie en bonne compagnie. Ça se fait. Est-ce une raison pour jouer le Magnificat avec aussi peu d’âme ? Malgré les efforts des solistes et la tenue du RIAS Kammerchor, c’est un concert bien terne qui nous a été offert par les troupes de Hans-Christoph Rademann.

Relevons tout d’abord le caractère incroyablement peu imaginatif de ces interprétations. Un Bach métronomique, où, derrière les manières baroqueuses devenues une convention figée, on entend des échos très nets de cette tradition allemande qui, avant le dépoussiérage des Harnoncourt et Gardiner, ne voyait en cette musique que l’architecture monumentale et décorative. On n’entend pas un seul phrasé dont la sensualité ou l’alacrité nous surprenne. A défaut, on pourrait avoir la brutalité enivrante de ce Bach germanique qu’il faut aller chercher du côté de Cologne. Rien de tout cela : l’orchestre et le continuo rivalisent de pesanteur et on se demande encore ce qui a pu valoir une telle ovation à l’hautboïste chargée des dessus, qui a certes fait les notes sans en mettre à côté, mais qu’on ne peut pas créditer de grand-chose d’autre. A la décharge des instrumentistes, quand la direction insuffle aussi peu de flamme, il est difficile de donner son meilleur…

Du côté du RIAS Kammerchor, on a la confirmation de leur précision et de leur clarté et c’est tout ! Comme l’orchestre, ils sont maintenus tout du long dans un ambitus dynamique qui va du mezzo-forte au forte et n’exposent que leur remarquable discipline.

Quant aux solistes, compte tenu du contexte, beaucoup leur sera pardonné. Relevons quand même que le large vibrato de Sunhae Im et le placement souvent en gorge de sa voix, même s’ils servent les tentatives louables de la chanteuse pour insuffler du drame dans une soirée qui n’en contenait pas une once, sont souvent stylistiquement très décalés par rapport à ce qu’on attendrait dans cette musique. Sur l’alto de Gerhild Romberger, nous aurons du mal à nous prononcer objectivement, tant sa manière de trafiquer sa voix nous gêne. Roderick Williams reste assez effacé et poitrine beaucoup. Nous n’avons vraiment été séduit que par Thomas Michael Allen, dont la voix, le style et la musicalité ont constitué le seul rayon de lumière de ce concert. Danke schön, Herr Allen, und fröhliche Weihnachten !

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- Paris
- Théâtre des Champs-Elysées
- 09 décembre 2009
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate « Unser Mund sei voll Lachens » BWV 110 ; Cantate « Christen, ätzet diesen Tag » BWV 63, Magnificat BWV 243a
- Sunhae Im, soprano, Gerhild Romberger, alto, Thomas Machael Allen, tenor, Roderick Williams, baryton
- RIAS Kammerchor
- Akademie für Alte Musik Berlin
- Hans-Christoph Rademan, direction











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