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Débuts de l’Orchestre des Champs-Elysées à Saintes

vendredi 18 juillet 2008 par Benoît Donnet
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Philippe Herreweghe
DR

Philippe Herreweghe retrouvait pour la première fois depuis l’ouverture du festival « son » orchestre des Champs-Elysées, pour interpréter deux chefs d’œuvres célèbres mais toujours bienvenus en concert : la Septième symphonie de Beethoven, précédée de la symphonie n°94 « La Surprise » de Haydn. Un concert glorieux et mémorable.

Ce soir, Herreweghe a confirmé, après sa belle prestation dans la 104è symphonie de Haydn vendredi dernier, qu’il était décidément très à l’aise dans la musique de ce compositeur, en livrant une performance brillante et très généreusement saluée par le public de la 94e symphonie. Les tempi étaient justes, particulièrement dans les deux mouvements centraux – un Andante allant et aux respirations naturelles, puis un menuet affable et plein d’humour – et la spontanéité souriante de l’interprétation, renforcée par la gestuelle complice et détendue du chef, donnait les clefs d’une lecture très inspirée de l’œuvre de Haydn. Herreweghe n’hésite pas à prendre quelques libertés : un petit ralenti de ci de là, un ritardando à la fin du finale ; mais surtout, il dirige avec précision un orchestre en très grande forme. On s’émerveille de la qualité extraordinaire des cordes de l’Orchestre des Champs-Elysées – malgré un non-vibrato tenu qui aurait pu devenir pénible et crispant, la sonorité des pupitres était d’un soyeux, d’une rondeur rares et magnifiques, parfaitement bien dosés. Herreweghe a montré ce soir un sens très pointu de l’équilibre des sections instrumentales, s’appuyant sur ces cordes merveilleuses, et ne négligeant ni les bois, ni les cuivres, remarquables de puissance comme de discrétion lorsqu’il le fallait, sachant à la fois endosser le rôle de vedette et d’agrégat harmonique. On saluera aussi la prestation remarquable de la timbalière de l’orchestre, admirable d’énergie et de précision, comme de maîtrise des nuances.

Après Haydn, vivement applaudi par un public que le caractère irréprochable et enthousiasmant de l’exécution avait dû conquérir, Herreweghe a dirigé une Septième symphonie de Beethoven d’une qualité rare, très supérieure à ses gravures au disque avec le Philharmonique des Flandres. Sa lecture de l’œuvre s’inscrit dans la lignée des baroqueux, avec accents mordants, contrastes et tempi vifs – cela dit, le finale n’était pas si rapide que cela. Mais au-delà de cette conception, on a constaté ce soir un vrai travail sur la conduite du discours, scandé par un orchestre aux cors survoltés, d’une puissance et d’une exactitude impressionnantes, en particulier dans le premier mouvement. Les violons ont été extrêmement rigoureux, leur son généreux et leurs attaques à la fois larges et précises ont assuré une progression hédoniste et puissante de la musique, renforcée par des basses très inspirées.

On pourra certes reprocher à Philippe Herreweghe un tempo un peu intransigeant et une conduite un peu rigide des cordes – un peu de vibrato n’eût pas été de trop – dans le deuxième mouvement, mais tout de même, au-delà de la controverse interprétative, force est de reconnaître que les interprètes ont su habiter et faire vivre cette page, qui n’a pas déparé du reste. Mais le meilleur était à venir dans un scherzo admirable par le maintien d’un tempo unique et invariant, dont l’effet était une exaltation mémorable pour le public, et un finale assez modéré, mais aux cuivres éclatants et à la rythmique dominée.

Herreweghe, parfaitement convaincant, et même plus que cela, a été rappelé douze fois par le public en tout, et a joué le deuxième mouvement de la symphonie de Haydn, celui qui contient la « surprise », en bis. On peut féliciter le chef et ses musiciens d’une aussi belle prestation.

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 16 juillet 2008
- Joseph Haydn (1732-1809), Symphonie n°94 en Sol majeur « La Surprise » ;
Ludwig van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°7 en La majeur Op.92
- Orchestre des Champs Elysées
- Philippe Herreweghe, direction






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