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Gand

David Angus dirige le SOV

SymfonieOrkest Vlaanderen
samedi 17 novembre 2007 par Richard Letawe
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David Angus
©David Angus

C’est déjà le dernier programme, ce soir, au Bijloke de Gand pour le Symfonieorkest Vlaanderen, dont la saison est traditionnellement assez ramassée. On commence par Finlandia de Sibelius qui pâtit cruellement
de l’acoustique imprécise et trop réverbérée de la salle. Cuivres et cordes, qui devraient se répondre de façon bien nette durant le fameux hymne, ne forment que bouillie sonore. Dommage, car David Angus, le chef de ce
soir, ancien chefdirigent du SOV, est un sibélien de première force.
Les problèmes d’acoustique se font moins sentir dans le Concerto pour piano n°1 de Tchaïkovski, dont le soliste est le colossal Vitaly Samoshko, vainqueur du Concours Reine Elisabeth en 1999. Samoshko avait déjà été invité par la formation, la saison passée (pour le 1er Concerto de Rachma-ninov) ; il fait partie de cette belle liste de grands solistes que l’orchestre a pu accompagner ces derniers temps : Marie Hallynck, Pieter Wiespelwey, Yozuko Horigome, Patricia Kopatchinskaïa, Martha Argerich (La Roque d’Anthéron), etc.

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Vitaly Samoshko
©Vitaly Samoshko

Les moyens physiques de Samoshko sont considérables : c’est un homme grand, puissamment bâti, aux bras forts et aux mains longues,
qui dégage une impression de robustesse, et domine franchement son clavier. Cette puissance est cependant très contrôlée, et l’on n’assiste pas à la démonstration implacable d’un broyeur aux doigts d’acier. Il est, au contraire, un pianiste assez introspectif et poétique, qui adopte des tempi modérés et s’épanouit dans les moments chambristes, notamment un dialogue avec les vents, au début de l’Andantino qui est admirablement chanté. Dans les passages virtuoses, il prend des risques, assène des coups de patte soudains, d’une vélocité et d’une précision implacables. Tout juste pourra-t-on lui reprocher un léger manque de finesse et de netteté dans le cantabile à la fin de la cadence du premier mouvement. L’accompagnement de l’orchestre est scrupuleux, mais aussi un rien placide et ronronnant.

Ayant assuré le remplissage des lieux avec le toujours populaire Con-
certo de Tchaïkovski, le SOV pouvait prendre des risques pour la suite en choisissant la méconnue Symphonie n°6 de Carl Nielsen. Vu sa rareté au concert, le moyen le plus commode d’entendre cette page est le disque, qui cependant ne rend pas bien compte de l’extrême difficulté d’une partition piégeuse, à la rythmique démoniaque et à la dynamique délicate, dont l’architecture subtile est très difficile à restituer de manière intelligible. Angus en donne une lecture posée, mise en place, aux dosages minutieux, qui n’élude aucune des grimaces de l’œuvre, mais sait aussi en magnifier les moments les plus radieux, en particulier l’optimiste dernier mouvement.

Très applaudi à la fin de cette symphonie, David Angus prend la parole
afin de féliciter l’orchestre pour son excellent travail. Il reconnaît que cette musique n’est pas facile pour l’auditoire, mais qu’elle l’est encore moins pour ses exécutants. Rares sont les phalanges qui osent s’y frotter, et c’était d’ailleurs la première fois que lui-même avait l’occasion de l’entendre en vrai. Il dédie ensuite un bis à la mémoire de Rostropovitch : la simple et émouvante Elégie n°2 du belge Lodewijck Mortelmans. Le Symfonieorkest Vlaanderen a rendue publique une partie de sa prochaine saison : parmi tous les programmes, on en attendra tout spécialement la Symphonie de Chausson, Rendering de Berio, le Concerto en Fa de Gershwin, Schéhérazade, etc.

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- Gand
- DeBijloke
- 27 avril 2007
- Jean Sibelius (1865-1957), Finlandia Op.26
- Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893), Concerto pour piano n°1 en si bémol mineur Op.23
- Carl Nielsen (1865-1931), Symphonie n°6 « Sinfonia Semplice »
- Vitaly Samoshko, piano
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- David Angus, direction






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