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Daniel Barenboïm et l’orchestre de la Scala à Luxembourg

mercredi 15 juillet 2009 par Richard Letawe
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Daniel Barenboïm
© Philharmonie de Luxembourg

Pour son dernier concert de la saison, la Philharmonie de Luxembourg invitait, en coopération avec le Mosel Musikfestival, le Philharmonique de la Scala sous la direction de Daniel Barenboïm, son chef depuis 2007. Deux œuvres au programme, le concerto n°3 de Beethoven, puis la Symphonie fantastique de Berlioz.

Pour le Concerto n°3 de Beethoven, on retrouve Barenboïm dans le difficile exercice qu’il affectionne depuis longtemps de chef-pianiste. Lui qui a enregistré à de multiples reprises ces concertos, comme pianiste avec Otto Klemperer à ses débuts, comme chef en accompagnement d’Artur Rubinstein, puis en tant que pianiste et chef avec le Philharmonique puis la Staatskapelle de Berlin connaît évidemment ces œuvres sur le bout des doigts, et en donne une lecture mûre, aboutie et travaillé, mais qui laisse aussi une grande impression de liberté et d’inspiration. Il a d’abord la chance de diriger un orchestre magnifique, aux cordes claires et aériennes, et aux bois fruités et typés, légèrement saillants. Le jeu d’ensemble n’est pas toujours parfait, on note par exemple quelques décalages et défauts d’équilibre, mais le résultat est toujours franc, éloquent et lumineux, et évite tout pathos superflu. Barenboïm pianiste ne se montre pas tout à fait à la hauteur du reste, du moins pas constamment. Si on est enchanté par certains passages où on imagination est particulièrement féconde, comme son entrée dans le premier mouvement, la cadence de même mouvement, ou bien l’andante, qui fait l’effet d’une ration de tendresse, d’autres moments manquent de subtilité et de netteté, essentiellement le finale, dont le début est plutôt scabreux, où le rubato est trop appuyé, et dont la coda manque clairement d’implication et d’assurance, de la part du pianiste autant que de l’orchestre. En guise de bis, le pianiste choisit de rendre hommage au répertoire usuel de son orchestre en jouant la paraphrase de Liszt sur le quatuor de Rigoletto, ce qui semble faire autant plaisir à ses musiciens qu’au public.

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Daniel Barenboïm
© Philharmonie de Luxembourg

En deuxième partie, la Symphonie fantastique de Berlioz dans une version absolument irrésistible, qui s’élève certainement au rang des meilleurs moments de cette saison. On dirait que Barenboïm, dans cette œuvre qu’il connaît comme le fond de sa poche, n’a presque pas à diriger, tant son orchestre fait preuve de brio et de virtuosité. Il se contente de lui suggérer par quelque geste tel accent, telle nuance de phrasé, toujours par petite touche, et sans en imposer, simplement par la force de la conviction. Le résultat est confondant de beauté et de classe, chaque mouvement étant illuminé par la virtuosité d’un orchestre dont les pupitres font assaut d’élégance et de personnalité, la sève et la volubilité des bois répondant à la légèreté des cordes et à la puissance raffinée de cuivres insolents, particulièrement bien mis en relief par le chef. Cette lecture gracieuse et raffinée, à la clarté irrésistible, proposant un bal au chic incomparable et une Scène aux champs exceptionnellement détendue n’est cependant en rien dépassionnée, car Barenboïm n’a pas son pareil pour en souligner tout l’impact dramatique de la symphonie, déchaînant les forces scaligères dans une Marche au supplice puis un Songe d’une nuit de sabbat terrifiants, d’une violence qui laisse l’auditoire pantelant, avant d’accorder aux interprètes une ovation mémorable.

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- Luxembourg
- Philharmonie
- 01 juillet 2009
- Ludwig Van Beethoven (1770-1829), Concerto pour piano en ut mineur Op.37
- Hector Berlioz (1803-1869), Symphonie fantastique
- Filarmonica della Scala
- Daniel Barenboïm, piano et direction











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