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Cycle Mahler belge : Le Chant de la Terre par Hartmut Haenchen

samedi 27 février 2010 par Richard Letawe
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Tom Randle
© Sabine Mardo

Entamé en septembre dernier, le cycle Mahler belge se poursuit à un rythme élevé, atteignant à peu de choses près la moitié du parcours avec ce nouveau concert. Concert très court, puisqu’il ne comprend que le Chant de la Terre, mais qui a néanmoins attiré un nombreux public, et qui était capté par la VRT.

C’est l’Orchestre Symphonique de la Monnaie qui était à l’œuvre ce soir, réinvitant Harmut Haenchen, le chef qui avait brillamment ouvert le cycle avec lui par la Symphonie n°6. On espérait donc retrouvé retrouver la même qualité que celle qu’avait atteinte l’exécution de la Symphonie « tragique », qui demeure jusqu’à présent le meilleur volet du cycle, à égalité avec la Symphonie « Résurrection » par Jaap van Zweden. Espoirs en partie déçus, car si le chef était globalement à la hauteur de l’enjeu, l’orchestre qui était en fusion en septembre, est ce soir beaucoup moins inspiré.

Semblant tétanisé par l’œuvre, l’Orchestre Symphonique de la Monnaie fait pâle figure dans les premiers lieder, avec des cordes aux sonorités métalliques et aux fréquents problèmes d’intonations, des cuivres malhabiles, et des bois fades et absents, mises à part quelques belles interventions des flûtes. Le manque de cohésion et le déséquilibre entre les pupitres est également dommageable, mais les choses s’arrangent quand même dans l’Abschied, où les fautes se font rares, et où l’ensemble paraît revigoré. Un peu froid dans les lieder du début, où il semble se contenter d’une radiographie- experte et particulièrement aiguisée- de la partition, le chef trouve dans ce final la respiration et la chaleur de phrasés nécessaires pour en traduire l’abandon, atteignant un degré d’émotion assez poignant.

C’est la version « à la mode » du Chant de la Terre qui est chantée ce soir, avec un baryton à la place de l’alto féminin qui est traditionnellement utilisé. Dans cet emploi, Dietrich Henschel fournit une prestation honorable : le timbre n’est pas d’une grande richesse, et la voix montre des signes d’usure, mais il chante avec douceur et abnégation, montre un beau sens du legato, et évite le numéro d’outrance expressive auquel il peut parfois se laisser aller lorsqu’il chante Mahler. Son interprétation ce soir est très sobre, très intériorisée, et à part quelques passages un peu tendus dans l’Adieu, où on le sent aux limites de la justesse, il est partout parfaitement à l’aise, et est à créditer d’une excellente prestation.

La partie de ténor est tenue par Tom Randle, au format un peu léger, parfois couvert par l’orchestre dans Das Trinklied vom Jammer der Erde et dans Der Trunkene im Frühling, mais qui est néanmoins convaincant grâce à la vaillance constante dont il fait preuve, et à la belle tenue de ses aigus, qu’il émet sans forcer. De plus, l’interprète est attachant, a une bonne diction, comprend manifestement le texte, et montre une implication réjouissante, tellement qu’il en bat parfois la mesure avec le chef, même quand ce n’est pas à lui de chanter. Il complète donc avec bonheur une distribution vocale qui compense les faiblesses orchestrales de la soirée.

Le cycle Mahler sera en sommeil jusqu’au 11 juin, avec les Kindertotenlieder chantés par Bernarda Fink, en complément de la Septième symphonie de Bruckner par l’ONB et Walter Weller.

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- Bruxelles
- Palais des Beaux Arts
- 18 février 2010
- Gustav Mahler (1860-1911), Das Lied von der Erde
- Tom Randle, ténor
- Dietrich Henschel, baryton
- Orchestre Symphonique de la Monnaie
- Hartmut Haenchen, direction






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