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Cycle Mahler belge : La Symphonie n°3 par Hugh Wolff

mardi 19 janvier 2010 par Richard Letawe
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Hugh Wolff
© Frank Hülsbröhmer

La quatrième étape du cycle Mahler belge revenait à l’Orchestre national de Belgique, qui interprétait pour un unique concert la troisième symphonie sous la direction de Hugh Wolff.

Le choix de confier ce monument au chef américain, qui n’a pas à notre connaissance de lien particulier avec l’ONB, n’était pas a priori évident. A la fin de ce concert, on ne peut pas prétendre que l’association Wolff-ONB ait réalisé des étincelles, ce qui amoindrit provisoirement le bilan de ce cycle dont les trois premiers volets avaient été au minimum intéressants (même si nous n’avions pas goûté la Symphonie n°1 par François-Xavier Roth, au moins montrait-elle une conception très affirmée).

Il faut du souffle, de l’endurance, de l’enthousiasme pour diriger cette œuvre longue et contrastée, ce qui a manqué à Hugh Wolff, qui a semblé avoir été intimidé par la tâche à accomplir, et s’est perdu dans une recherche de la profondeur qui l’a amené à imposer à l’œuvre des tempi lents, très uniformes, gommant les contrastes entre les épisodes.

Le premier mouvement se complaît donc dans une grandiloquence morose et inhabitée ; cette grande marche se déploie paresseusement, sans tension et sans enthousiasme, et paraît sous ce traitement si triste, et surtout si longue… Si cette lenteur avait été soutenue par une vision, par une recherche sur les phrasés, par un climat sonore prenant, il en serait resté quelque chose, or on ne retient de ce « Kräftif. Entschieden » qu’une impression filandreuse et monotone. Les tunnels sont également nombreux dans les deux mouvements suivants, qui perdent toute fantaisie et toute légèreté ; le souci du détail du chef y est louable, mais quelle mollesse et quel ennui, malgré une bonne prestation du posthorn dans le scherzo, seul passage à nous tirer de la torpeur.

Une amélioration se fait sentir dans les deux mouvements suivants, pas vraiment du fait du chef, mais des chanteurs, qui ont de l’inspiration à revendre : le « O mensch » de Nathalie Stutzmann est poignant et vocalement somptueux, et les chœurs sont vifs, espiègles et ont la fraîcheur qui a manqué jusqu’ici à cette exécution. Le finale retombe un peu dans les travers du premier mouvement, mais partiellement seulement : les tunnels y sont moins fréquents, la tension mieux répartie, et la musique s’impose enfin à l’auditeur, et au chef, qui épure un style de direction passablement agité jusque là, et mène l’orchestre à une apothéose prenante et sereine.

Souvent transcendé lorsqu’il est dirigé par Walter Weller, l’ONB reste une formation irrégulière, qui n’apparaît pas sous son meilleur jour ce soir. L’ensemble ne manque pas d’enthousiasme et d’énergie, mais trop souvent les timbres ne sont pas des plus flatteurs, et les pupitres ne font pas preuve d’une grande cohésion. La qualité des nombreux solos est également sujette à caution, le bon, et parfois même très bon, alternant trop régulièrement avec le banal ou le médiocre.

Ce concert est pour autant mené jusqu’au bout, sans accident majeur, et n’est absolument pas déshonorant, le nombreux public semblant ravi du résultat, mais dans un passé pas très lointain, les voisins de Lille et de Liège, ont fait beaucoup mieux dans cette même symphonie.

Le cycle se poursuivra ce 23 janvier à Bruxelles (la veille à Anvers) avec l’entrée en lice de la dernière formation participante, la Philharmonie des Flandres, qui jouera la Symphonie « Résurrection » sous la direction de Jaap Van Zweden.

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- Bruxelles
- Palais des Beaux-Arts
- 08 janvier 2010
- Gustav Mahler (1860-1911), Symphonie n°3 en ré mineur
- Nathalie Stutzmann, alto
- Choeur de femmes de la Monnaie
- Kinderkoor van de Vlaamse Opera
- Orchestre National de Belgique
- Hugh Wolff, direction











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