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Cosi fan tutte au Théâtre des Champs Elysées

jeudi 27 novembre 2008 par Hermine Ferrand
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Rinat Shaham (Dorabella) et Veronica Cangemi (Fiordiligi)
© Alvaro Yañez

Quand un spécialiste du répertoire baroque s’attaque avec ses musiciens à la quintessence de l’opéra mozartien, il est forcément attendu avec intérêt, et plus encore quand un sociétaire de la Comédie Française met en scène.

Il semble que Jean-Christophe Spinosi, avec son ensemble Matheus, souhaite s’ouvrir à de nouveaux répertoires : Après Véronique au Châtelet la saison dernière, le chef abordera très prochainement Norma, Le Barbier de Séville et Le Comte Ory, entre autres. Cette fois-ci, c’est sur Mozart qu’il s’est penché. Et pas à moitié ! On dirait que le chef a exploré la partition de fond en comble afin de trouver ce qu’il était encore possible d’en extraire de nouveau. On sent un réel amour et un respect pour cette oeuvre, mais force est de constater que les tempi incongrus n’apportent rien, pas plus que les pauses inattendues, tournant parfois au contresens [1]. On déplore parfois dans les ensembles un déséquilibre entre les voix et la fosse. Par ailleurs, l’ensemble Matheus n’est pas le plus adéquat pour Mozart, sonnant souvent sec voire grinçant.

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Veronica Cangemi et Rinat Shaham ; Luca Pisaroni et Paolo Fanale ; Pietro Spagnoli
© Alvaro Yañez

Heureusement, le plateau réserve de belles surprises, en particulier chez les barytons. Luca Pisaroni, en Guglielmo, confirme tout le bien que l’on pensait de lui, tant pour sa magnifique voix que pour sa prestance scénique. Pietro Spagnoli est une révélation en Don Alfonso, auquel il redonne ses lettres de noblesse en chantant véritablement le rôle, là où trop souvent les chanteurs se réfugient dans un parlando fatigué. Troisième élément de satisfaction, la Despina de Jaël Azzaretti, un vrai luxe dans ce rôle que cette très jolie voix de soprano léger, au service d’une interprétation d’une sobriété rare (notamment dans l’épisode du notaire). Les trois autres solistes sont moins remarquables. La par ailleurs excellente Veronica Cangemi, qu’on imaginait mal dans le rôle de Fiordiligi, y montre la limite de ses possibilités techniques, bien que l’incarnation soit touchante. Rinat Shaham est une Dorabella correcte mais assez anecdotique. Quant au jeune ténor Paolo Fanale, il en fait un peu trop en Ferrando (pêché de jeunesse… ) mais montre une personnalité attachante.

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Rinat Shaham, Veronica Cangemi, Jaël Azzaretti
© Alvaro Yañez

Côté mise-en-scène, c’est un sociétaire de la Comédie Française, Eric Génovèse, qui officie. Cela se voit dans le classicisme de la scénographie : de très beaux décors et costumes, éclatants d’une blancheur qui souligne la candeur de nos héros. Mais on reconnaît surtout le professionnel par sa passionnante direction d’acteurs. Le metteur en scène aime ses personnages et cela se voit dans le regard plein de tendresse qu’il leur porte. Le ridicule viendra uniquement de Mozart et Da Ponte. La complicité des deux sœurs est magnifiquement traitée. En revanche, on aimerait un Don Alfonso moins agité.

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- Paris
- Théâtre des Champs-Elysées
- 18 novembre 2008
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Cosi fan tutte
- Eric Génovèse, mise en scène ; Jacques Gabel, décors ; Luisa Spinatelli, costumes ; Olivier Tessier, lumières
- Veronica Cangemi, Fiordiligi ; Rinat Shaham, Dorabella ; Paolo Fanale, Ferrando ; Luca Pisaroni, Guglielmo ; Pietro Spagnoli, Don Alfonso ; Yaël Azzaretti, Despina
- Choeur du Théâtre des Champs-Élysées
- Ensemble Matheus
- Jean-Christophe Spinosi, direction

[1le grand blanc juste après « nessun lo sa »






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