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Cosi fan tutte à l’Opéra Garnier

vendredi 8 juillet 2011 par Hermine Ferrand
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Anne-Catherine Gillet (Despina)
© Agathe Poupeney/ Opéra national de Paris

Rangée la mise en scène de Patrice Chéreau ! Nicolas Joël poursuit sa ligne de faire renaître les grandes productions classiques pour les opéras les plus célèbres. L’Opéra de Paris remonte donc cette saison la version de Cosi fan tutte d’Ezio Toffolutti crée en 2000 pour cette même maison. Une production du plus beau classicisme, à la mise en scène bien réglée servie par un plateau vocal dominé par la Despina d’Anne-Catherine Gillet.

Cosi fan tutte revient en force à l’Opéra de Paris depuis quelques temps, après une longue éclipse dans les années 1980. La version présentée ici date de 2000, a été reprise en 2003 pour laisser ensuite la place à la mise en scène acclamée de Patrice Chéreau (curieusement occultée dans la « chronique de l’oeuvre à l’opéra » figurant dans le programme). C’est donc la reprise logique d’une production faite pour durer : un classicisme qui flatte l’oeil, intemporel et sans relecture dérangeante. Ezio Toffolutti signe à la fois la mise en scène, les décors et les costumes. Dans un cadre sobre mais élégant évoquant l’Italie du nord, les scènes s’enchaînent astucieusement de façon à ne créer aucun temps mort. Le metteur en scène utilise beaucoup le proscenium, créant la complicité avec le spectateur et maintenant son attention constamment en éveil. Certes, le théâtre est ici privilégié par rapport à une vision plus introspective des personnages. Reste donc au spectateur à se laisser gagner par la leçon amère de cette Ecole des amants, qui n’a pas besoin d’effets scéniques pour être palpable.

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Paulo Szot (Guglielmo), Karine Deshayes (Dorabella), Anne-Catherine Gillet (Despina), Elza Van Den Heever (Fiordiligi) et Matthew Polenzani (Ferrando)
© Agathe Poupeney/ Opéra national de Paris

Du point de vue vocal, les premières scènes sont quelque peu laborieuses, mais le plateau masculin prend son envol une fois la supercherie installée. Paulo Szot (Guglielmo) se distingue par de beaux pianissimi. Lui et Matthew Polenzani sont davantage à leur aise en Albanais qu’en amoureux transis. William Shimell (Don Alfonso) n’a plus l’élégance vocale requise mais déploie beaucoup d’énergie. En Fiordiligi, la jeune soprano sud-africaine Elza Van Den Heever, à l’orée d’une carrière qui sera sans doute des plus prestigieuses, a toute la sensibilité requise pour le rôle, et un beau chant lié. Toutefois, elle est à la peine dans le très difficile Per pieta. Karine Deshayes lui offre une réplique savoureuse, mais c’est assurément Anne-Catherine Gillet, en Despina, qui mène le jeu et domine tout le plateau, sachant être drôle sans excès. La plus grande satisfaction vient de la direction enjouée, vive et raffinée de Philippe Jordan (qui alterne avec Le Crépuscule des Dieux à l’Opéra Bastille !), à la tête d’un Orchestre de l’Opéra de Paris tout en subtilité.

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- Paris
- Opéra Garnier
- 28 juin 2011
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Cosi fan tutte, opera buffa en deux actes (1790) ; livret de Lorenzo da Ponte
- Ezio Toffolutti, mise en scène, décors et costumes ; André Diot, lumières
- Elza Van Den Heever, Fiordiligi ; Karine Deshayes, Dorabella ; Paulo Szot, Guglielmo ; Matthew Polenzani, Ferrando ; Anne-Catherine Gillet, Despina ; William Shimell, Don Alfonso.
- Choeur de l’Opéra national de Paris. Patrick Marie Aubert, chef du choeur
- Orchestre de l’Opéra national de Paris
- Philippe Jordan, direction






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