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Concerts du palais princier : Le soufflé retombe

dimanche 30 août 2009 par Cyril Brun
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Marie Elisabeth Hecker
© David Abrams

Après l’incroyable brio de la soirée précédente, le soufflé est retombé. L’orchestre sembla manquer de tonicité, comme s’il était épuisé par ce marathon ou comme s’il attendait le concert suivant dont on entendait déjà les échos en coulisse.

Globalement, les danses de Bernstein manquèrent d’ensemble, la percussion s’est révélée assez lourde, tandis que les violons percutaient leurs entrées. Il n’est guère que les cuivres à ressortir dans un ensemble rythmé particulièrement enlevé. Pourtant la deuxième danse marqua le pas avec quelque chose de statique, presque de laborieux, notamment du côté des trombones. Mais cette absence de dynamisme ne remit pas en question la très bonne intégration des instruments. Ce manque de tonicité fut encore plus flagrant dans la troisième danse, la batterie laissant l’impression de se traîner langoureusement, sans pour autant faire perdre à l’orchestre sa grande précision, ni sa riche expression des ruptures et des syncopes. Toutefois, ici les motifs s’emboîtaient parfois moins bien.

Cette grande intégration des instruments se révéla d’un grand secours pour la cohérence de Roméo et Juliette. Les entrées successives des instruments dans une véritable continuité soutinrent la dynamique du discours mise à mal par cette sorte de léthargie de l’orchestre. Léthargie dont pâtit en revanche le thème des Capulet du fait d’un manque de rigueur. Les réponses « fuguées » n’étaient pas soutenues, rendant le discours approximatif, surtout lors des interventions presque stressées des bassons. Après l’intervention de la harpe, l’entrée et le jeu des violons se sont révélé un peu durs, soulignant un manque de respiration musicale de la flûte et entraînant une perte de la tension dramatique qui confinait à une réelle mollesse. Malgré une justesse relative des violons, le tutti fortissimo fut certainement le meilleur moment de cette œuvre, un peu ternie par des flûtes cette fois-ci trop en retrait, tandis que sur le crescendo des violons, l’orchestre retombait mal. Sur le tutti suivant, la grande précision de l’orchestre fut cependant mise à mal par les débordements de la grosse percussion que ne rattrapa pas la superbe intervention ternaire très fine des timbales que le final cuivré écrasa.

Dvorak fut mieux servi. Un très bel équilibre des cordes avec de très beaux soufflets soutenus par de beaux trombones, qui furent toutefois légèrement gênés par une entrée approximative des violons. Le crescendo decrescendo qui précède l’entrée du soliste fut aussi relativement lourd. Mais la surprise vint peut-être de l’accompagnement du soliste. D’ordinaire si aguerri, l’orchestre fut cette fois-ci très indépendant, avec des accents résolument différents de ceux de la soliste, voire même indépendants par pupitre, tandis que les flûtes avaient tendance à la précipitation. L’accompagnement trop frappé, fut d’autant plus sensible que la soliste s’est révélée bien trop discrète, presque effacée. Il est probable que l’interprétation timide de Marie-Elisabeth Hecker ait déstabilisé un orchestre déjà peu mobilisé, au point que la petite harmonie manquait d’ensemble et que les cors semblaient se courir après. En revanche le second solo fut soutenu par un superbe tapis de violon. Le très bel appel tutti du deuxième mouvement introduit un solo techniquement en place, mais qui ne parvint jamais à s’imposer, au point d’être parfois noyé. Soulignons le retour des cors dans une très belle partie digne de ce à quoi nous étions habitué. Le dialogue de la flûte et du violoncelle s’est trouvé déséquilibré du fait de l’effacement du soliste et de l’équilibre toujours plus ou moins strident de la flûte. Le final fut posé avec lourdeur. Le troisième mouvement connut plus d’unité de la part de l’orchestre sans toutefois parvenir à une homogénéité avec le soliste. Les dialogues avec l’orchestre furent relativement saccadés, en rupture. En revanche, il faut souligner le très beau duo de la soliste et du premier violon malgré la plus grande présence de David Lefebvre qui domina, en dépit de sa retenue, la jeune violoncelliste. Au final, cette interprétation déséquilibrée laissa l’impression d’une juxtaposition de motifs, les instruments ne se tissant pas dans le jeu trop différent du violoncelle.

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- Monaco
- Palais princier
- 02 août 2009
- Leonard Bernstein (1918-1999), Three dances
- Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Roméo et Juliette, ouverture
- Anton Dvorak (1841-1904), concerto pour violoncelle en si mineur op. 104
- Orchestre philharmonique de Monte Carlo
- Marie Elisabeth Hecker, violoncelle
- Yakov Kreizberg, direction.











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