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Concerts d’ouverture de l’Orchestre National de Lyon : Bienvenue et Bravo Mr Slatkin !

lundi 3 octobre 2011 par Emmanuel Andrieu
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Leonard Slatkin
DR

Pour inaugurer son nouveau mandat à la tête de l’Orchestre National de Lyon, le chef américain Leonard Slatkin (qui succède ainsi à l’allemand Jun Märkl) a choisi de diriger en deux jours trois œuvres de Maurice Ravel mais surtout deux œuvres emblématiques du répertoire symphonique : la singulière Symphonie fantastique d’Hector Berlioz et la monumentale Symphonie n°2 de Gustav Mahler.

Le premier soir, c’est un programme 100% français qu’on a pu entendre à l’Auditorium Maurice Ravel avec, justement, en première partie de concert, deux œuvres de ce compositeur : La Rapsodie espagnole et le fameux Concerto en sol. C’est une profession de foi en soi, Leonard Slatkin entendant bien mettre à l’honneur dans ses futures saisons le répertoire français dans lequel la phalange lyonnaise s’est toujours distinguée, notamment à travers les nombreux enregistrements gravés par Emmanuel Krivine durant ses treize années de mandat . Le chef américain a d’ailleurs déjà programmé l’enregistrement d’une intégrale Ravel chez Naxos avec l’ONL, et du reste le concert de ce soir faisait l’objet d’une captation discographique à paraître chez ce même label.

Mais revenons au concert. Après une exécution enlevée et rutilante de la Rapsodie espagnole qui confirme et la qualité de l’orchestre et l’engagement du chef, la tension redescend d’un cran (notre enthousiasme également) avec l’exécution du premier mouvement du Concerto en sol par le pianiste français Jean-Efflam Bavouzet : jeu calamiteusement confus au début et rubato excessif tout du long. La magie et l’émotion de l’Adagio sont aux abonnés absents dans le deuxième mouvement et il faut attendre le troisième pour que l’artiste se reprenne enfin et que la fusion avec l’orchestre opère, notamment dans l’explosion du Presto final. Du coup, nos oreilles se concentrent sur la luxuriance orchestrale qui les ravit de bout en bout, de l’Allegro brillamment jazzy du début en passant par la douceur élégiaque du mouvement médian puis par le caractère enlevé et ludique du dernier.

En deuxième partie, Leonard Slatkin livre une lecture de la Symphonie Fantastique de Berlioz poétique et envoûtante, privilégiant les textures foisonnantes de la partition, loin de tout histrionisme malvenu. C’est merveille que d’entendre, sous sa battue, toutes les subtilités d’un ouvrage d’une prophétique modernité. Rêveries et passions sont investies d’un lyrisme et d’une chaleur débordantes, le Bal d’une légèreté jouissive et la Scène aux champs de détails bucoliques aux chatoyantes couleurs. Les deux derniers mouvements, la Marche au supplice et le Songe d’une Nuit de Sabbat convainquent moins du fait d’une certaine carence d’ironie grinçante et de sulfureuse folie, de fait essentielles ici. Néanmoins la vision du chef s’impose au final par sa rare cohérence

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© Bruno Amsellem

Le lendemain, c’est la grandiose Symphonie n°2 de Mahler qui était donnée à entendre, après l’exécution d’une pièce écrite pour voix de mezzo et orchestre, aussi courte que rare, composée par Maurice Ravel : Kaddish.

C’est un intense frisson qui a parcouru ensuite près d’une heure et demie durant le public de l’Auditorium Maurice Ravel. D’entrée, le Totenfeier donne le ton - avec un pupitre de violoncelles incisif - et c’est bien une vision spectaculaire et sombre de cette œuvre que s’attachera à dessiner la baguette de Slatkin. On apprécie également dans l’Allegro Maestoso initial l’admirable pizzicato qui absorbe l’écoute. Dans l’Andante moderato, c’est la finesse des cordes, toutes en volupté, qui capte aussitôt l’attention. Leonard Slatkin fait ensuite ressortir dans le Scherzo tout le grinçant contenu dans ce mouvement, et dont se souviendra plus tard Chostakovitch… Dans l’Urlicht, nous découvrons la superbe alto américaine Sasha Cooke qui apporte à cette partie une humanité confondante, tranchant radicalement avec les trois premiers mouvements. Elle délivre un chant très pudique d’une voix intense et blessée. Le chef s’engage alors dans un final étiré et néanmoins terrifiant. La lente montée vers le Wild herausfahrend est impeccablement traitée, mais la soprano suédoise Camilla Tilling déçoit dans sa partie, la voix étant par trop confidentielle. Le Chœur (celui de Bernard Tétu), lui, ne l’est pas assez…alors que le Mit flügeln devrait être comme murmuré…dommage ! Il se rattrape cela dit dans un Bereite dich zu leben (Prépare-toi à vivre !) vibrant d’émotion avant de déchainer le cataclysme final qui emporte tout, et notamment l’adhésion enthousiaste du public. Le triomphe fait à l’ensemble des artistes à l’issue du concert est amplement mérité. L’osmose parfaite entre le chef et l’orchestre laisse présager une collaboration fructueuse...pour le plus grand bonheur des mélomanes lyonnais !

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- Lyon
- Auditorium Maurice Ravel
- 17 septembre 2011
- Maurice Ravel (1875-1937), Rapsodie espagnole, Concerto pour piano en sol
- Hector Berlioz (1803-1869), Symphonie fantastique Op. 14
- Jean-Effam Bavouzet, piano

- 18 septembre 2011
- Gustav Mahler (1860-1911), Symphonie n°2 en ut mineur, dite « Résurrection »
- Camilla Tilling, soprano ; Sasha Cooke, alto
- Chœur de Lyon- Bernard Tétu
- Orchestre national de Lyon
- Leonard Slatkin, direction











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