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Concert pascal à Dijon

jeudi 27 mars 2008 par Richard Letawe
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Pierre Cao
S. Boulard ©

Pendant la période pascale, on joue Bach presque partout. Passions, Messe, cantates,… Dijon n’échappait pas à la tradition, avec la Passion selon Jean, dans laquelle Pierre Cao dirigeait le chœur Arsys Bourgogne et le Concert Lorrain.

La distribution est emmenée par Christoph Prégardien, évangéliste de grande expérience, qui chante également les airs de ténor. Il maîtrise son texte de manière remarquable, rendant le drame clair et palpable, et menant les récitatifs avec une sobriété qui n’empêche pas l’éloquence. La voix est restée fraîche et souple, lui permettant de dominer les airs sans problème et sans dureté, dispensant même quelques aigus de belle facture.

Plusieurs désistements consécutifs conduisent Peter Kooij à chanter à la fois Jésus, Pilate et les airs de basse. Il s’en sort plus qu’honorablement, grâce à son chant sain et sans affectation, et donne à chaque personnage qu’il interprète un caractère bien différencié.

Les deux autres solistes, qui n’ont que deux airs à chanter chacun, font cependant beaucoup moins belle impression. Robin Blaze d’abord, qu’on qualifie d’alto, alors qu’il est en fait un fade countertenor à l’anglaise, pépie ses airs avec une voix sans ampleur et sans caractère. Difficile alors d’entendre un « Es ist vollbracht » plus plat et plus anecdotique que celui de ce soir, d’autant plus que le gambiste, atone, prend une large part au désastre. Quant à la soprano Katharine Fuge, elle dispense encore de ravissants aigus, très aériens, mais le reste de la tessiture n’est plus très frais, et la justesse fait souvent défaut.

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S. Boulard ©

Le Chœur Arsys Bourgogne, aux voix lumineuses et aux attaques tranchantes fait quant à lui une très bonne prestation, sérieuse et efficace, mais manquant un peu de véhémence.

Fondé en 2000 seulement, le Concert Lorrain n’est pas très convaincant ce soir. Outre des sonorités assez ternes, on regrette des cordes âcres, des bois très timides et scolaires, et de fréquents défauts de justesse. Seul le continuo, où officie l’irréprochable contrebassiste Love Persson, fait bonne figure.

Les compétences de Pierre Cao dans ce répertoire ne sont pas à mettre en doute, et de fait, on entend une lecture tout à fait valable et sans défaut majeur de la partition. Ce n’est cependant pas assez, car cette Johannes Passion manque singulièrement de drame, de chair, d’ambition expressive. Ne cherchant pas à suivre sur ce terrain ses deux meilleurs solistes, Prégardien et Kooij, le chef effleure l’œuvre et ne nous touche pas.

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- Dijon
- Auditorium
- 21 mars 2008
- Johann Sebastian Bach (1685-1750), Johannes Passion BWV 245
- Katharine Fuge, soprano ; Robin Blaze, alto ; Christoph Prégardien, ténor ; Peter Kooij, basse
- Arsys Bourgogne
- Le Concert Lorrain
- Pierre Cao, direction











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