ClassiqueInfo.com



Concert [néo]classique à Lille

vendredi 16 mai 2008 par Richard Letawe
JPEG - 45.9 ko
Paul Polivnick
DR

Le concert de l’ONL de ce soir propose un programme remarquablement choisi, mettant en présence des chefs d’œuvre trop rarement joués : Pulcinella, joyau néoclassique de Stravinski, qui y applique un traitement moderne (harmonique, rythmique,…) à des musiques du XVIIe et XVIIIe siècles italiens, et la Posthorn Serenade de Mozart, la dernière sérénade de sa période salzbourgeoise.

Pulcinella est donné sans ballet, mais avec les parties chantées. Les solistes vocaux, Juliette Mars, Léonard Pezzino, Bernard Deletré, sont cependant placés derrière l’orchestre, ce qui limite quelque peu leur impact. Le chef américain Paul Polivnick, un habitué, qui a dirigé l’ONL il y a deux ans pour la création du Double concerto de Thierry Escaich, met l’accent sur la fermeté rythmique, la légèreté des articulations et la vivacité des tempi. Sa direction acérée est un modèle de précision, et permet une parfaite lisibilité de l’ensemble. L’ONL en petite formation répond bien, et offre quelques solos instrumentaux de classe, spécialement de la part du trombone et des flûtes. Les chanteurs, parmi lesquels on remarque un Léonard Pezzino en bonne voix, participent sans faiblir à la bonne qualité de cette exécution.

La seconde partie du concert est consacrée à la « Sérénade cor de postillon » de Mozart, l’un des chefs d’œuvre de son dernier long séjour à Salzbourg (1779), dans laquelle sa maîtrise du langage symphonique, nourrie par son voyage à Mannheim et à Paris, est la plus éclatante. La lecture de Paul Polivnick commence très bien, avec un premier mouvement altier, vivement mené, solennel mais pas trop pompeux, et sans lourdeur. Le menuetto qui suit est tout aussi bon et plutôt original : guère aristocratique, mais robuste, rythmiquement bien campé, terrien sans être lourdaud. Les deux mouvements qui suivent font la part belle aux flûtes et aux hautbois : élégants, gracieux, pleins d’esprit et de fantaisie, ils permettent de constater que le pupitre des flûtes de l’ONL ne se compose pas que de Chrystel Delaval, et que ses collègues Christine Vienet et Pascal Langlet sont de fins musiciens eux aussi. Très satisfaisante jusqu’ici, la vision de Paul Polivnick perd de sa pertinence par la suite : l’Andantino, qui en dépit de son appellation anodine est une pièce d’une intense profondeur expressive, est un peu survolé, et l’orchestre commence à accuser quelques signes de fatigue. Les violons deviennent assez stridents dans le second menuet, et le finale, dans lequel les cordes pataugent un peu, n’est pas très enlevé, et manque de mordant et de brio. De quoi faire baisser un tout petit peu la cote de ce concert au programme très intéressant, et dont la qualité d’exécution fut quand même la plupart du temps excellente.

Lecteurs, artistes, éditeurs, organisateurs de concerts, notre article vous a intéressé ?
Vous désirez l’insérer dans votre revue de presse ?

"Nous serons ravis de le voir mentionné sur votre site internet. Vous pouvez, sans autorisation préalable de notre part, en extraire de courtes citations, à la condition expresse qu’un lien *fonctionnel* soit fait vers notre site.

En cas de citation sur un support papier, les noms de l’auteur et de notre site doivent être obligatoirement mentionnés.

Pour toute précision, n’hésitez pas à contacter notre rédaction : richard.letawe(at)classiqueinfo.com"

- Lille
- Nouveau Siècle
- 24 avril 2008
- Igor Stravinski (1882-1971), Pulcinella ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Sérénade en Ré majeur « Posthorn » KV320
- Juliette Mars, soprano ; Léonard Pezzino, ténor ; Bernard Deletré, basse
- Orchestre National de Lille
- Paul Polivnick, direction











Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 549377

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique symphonique   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.8 + AHUNTSIC

Creative Commons License