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Concert allemand à Compiègne

mercredi 26 décembre 2007 par Richard Letawe
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Benjamin Schmid

Dans le cadre du Festival des Forêts, la Rheinische Philharmonie de Coblence était invitée ce soir au Théâtre impérial de Compiègne.

Le programme est entièrement allemand, et débute par l’ouverture d’Euryanthe de Carl-Maria Von Weber. Celle-ci est un beau galop d’essai, et permet à l’orchestre de faire la preuve de sa cohésion et de sa discipline, sous la baguette de Daniel Raiskin, son chef depuis deux ans.

Ensuite c’est au tour du Concerto n°1 pour violon de Max Bruch, joué par Benjamin Schmid. Celui-ci semble être un cas typique du cloisonnement qui peut exister dans la vie musicale entre les différentes nations. Il est invité au concert d’ouverture du Festival de Salzbourg 2004, et la saison dernière a entre autres joué ave l’Orchestre Philharmonique de Vienne, le Concertgebouw, la Philharmonie Tchèque, et le SWR Symphonie-Orchester. De plus, sa discographie, même si elle est sortie chez des éditeurs peu médiatiques comme Oehms ou Arte Nova, est assez conséquente, dans le domaine du concerto comme celui de la musique de chambre. Pourtant, il est pratiquement inconnu en France et en Belgique, n’y faisant que de sporadiques apparitions.

Très habité par la musique, Benjamin Schmid joue avec ardeur et passion, mais met souvent un peu trop de cœur à l’ouvrage. Chaque phrase est appuyée, chaque passage significatif est souligné à gros trait, et la musique de Bruch qui n’en demande pas tant, succombe sous le sirop kitsch dot l’enrobe le violoniste. Pourtant, Schmid est un violoniste de qualité, à la sonorité magnifique, pleine, sombre et chaleureuse, qui s’engage et prend des risques, et qui lorsqu’il décide de jouer simplement, au début de l’adagio surtout, peut se montrer aussi émouvant que convaincant. Trop souvent malheureusement, il joue à l’histrion, et fait également entendre pas mal d’imprécisions : la fin de l’adagio est par exemple un festival d’intonations pas très nettes et de dérapages. Quant au finale, il est défiguré par le soliste, qui manie son archet comme une scie de boucher, et cherche à épater la galerie en se cambrant à tout bout de champ vers l’arrière, cheveux s’agitant dans la lumière.

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Daniel Raiskin

En seconde partie, la troisième symphonie de Brahms permet enfin d’apprécier plus finement les caractéristiques de la Philharmonie du Rhin, et de discerner le style de direction de Daniel Raiskin, altiste de formation. Ils abordent cette symphonie dans une optique assez dépassionnée et très chambriste qui ne manque pas d’intérêt. A leur crédit, on peut mettre la vivacité générale des tempi, un son léger et aéré, et des phrasés simples et soignés, quoique un peu morcelés. Cependant, il faut également souligner que la magnifique mais redoutablement précise acoustique du Théâtre Impérial, révèle des sonorités d’ensemble qui ne sont pas très belles, notamment celles des violons, stridentes et aux dérapages fréquents, et que l’intonation est parfois douteuse. Le deuxième mouvement est le plus convaincant, bucolique et ensoleillé, avec un premier thème qui semble fredonné avec un brin d’herbe entre les dents, en flânant sur un petit chemin de campagne. Malgré un cor solo un peu chancelant, le Poco allegretto, qui fait toujours soupirer d’aise le public, est phrasé avec chaleur, alors que l’allegro final séduit par son élan et par la cohésion et l’engagement de l’orchestre.

La Philharmonie du Rhin n’est bien entendu pas le Concertgebouw ou le Philharmonique de Berlin, mais elle tient son rang durant ce concert, et certains de ses pupitres, hautbois, clarinette, altos et violoncelles, sont même de très bon niveau, et possède avec Daniel Raiskin un directeur musical qui devrait la faire progresser. Chaleureusement applaudi par une audience un peu trop clairsemée, le concert se termine avec en bis une inévitable danse hongroise, la dixième.

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- Compiègne
- Théâtre Impérial
- juillet 2007
- Carl-Maria Von Weber (1786-1826), Ouverture d’Euryanthe ; Max Bruch (1838-1920) ; concerto pour violon n°1 en sol mineur Op.26 ; Johannes Brahms (1833-1896), Symphonie n°3 en fa mineur Op.90
- Benjamin Schmid, violon
- Staatsorchesters Rheinische Philharmonie
- Daniel Raiskin, direction






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