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Concert à l’Abbaye d’Hautecombe

lundi 6 octobre 2008 par Fernand Bretton
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Quintette Moraguès
DR

Il est des concerts qui vont au delà d’un beau moment de musique, pour de multiples raisons, variables selon les auditeurs !

En l’occurrence, il ne fait guère de doute que cette fois, pour tous les mélomanes présents, le supplément d’âme venait de ce lieu magique, au bord du lac du Bourget, tout près de l’abbaye d’Hautecombe. Lamartine n’a pas été le premier à trouver une dimension hors du temps à ce lac, dans son écrin de montagnes et de forêts. Les moines cisterciens se sont installés là dès le XIIe Siècle, grâce à Amédée III, comte de Savoie, bien avant d’être remplacés par les bénédictins, puis depuis 1992, par la Communauté du Chemin Neuf. Les Comtes de Savoie ont fait de l’abbaye leur tombeau pendant plusieurs siècles, tradition reprise par leurs descendants devenus rois d’Italie. Toute proche de l’abbaye, une grange batelière fut également construite au XIIe Siècle, au bord du lac, pour permettre aux petits bateaux de se cacher là, sous le bâtiment construit en partie sur une crique, servant de réserve à grain à l’étage. C’est là, qu’une restauration sobre, avec un espace ouvert sur une belle charpente, a permis de transformer cette grange en une très simple et belle salle d’exposition ou de concert.

Un concert prévu à 17h, un dimanche, quand un doux soleil d’automne vient tout juste de se cacher derrière la montagne, quelles meilleures conditions imaginer pour savourer la musique de Schubert, Mozart et Beethoven que nous proposent Alain Planès et le Quintette Moraguès ? Quintette qui pour l’occasion n’est qu’un quatuor, puisque les quintettes proposés le sont avec un piano. Les frères Moraguès n’étaient donc représentés que par le corniste de la famille, Pierre. Avec lui nous avions David Walter avec son hautbois d’amour, Nicolas Baldeyrou à la clarinette et Patrick Vilaire au basson. David Walter est souvent « l’arrangeur » ou « transcripteur » du quintette Moraguès, qui sait s’aventurer dans des contrées musicales qui ne sont pas toujours prévues au départ pour cette formation instrumentale précise. Ce double talent (de transcripteur et d’instrumentiste), il le démontre dès l’ouverture en ajoutant un hautbois d’amour à l’Impromptu n°3 Op.90 de Schubert, transformant cette oeuvre si nostalgique en un véritable lieder où chacun pouvait imaginer son propre texte sur le chant si délicat et irradiant du hautbois d’amour, soutenu par le piano en totale osmose d’Alain Planès.

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Alain Planès
DR

Cet impromptu de Schubert donne le ton et l’ambiance de ce que sera la suite du concert. David Walter précise que contrairement à ce qu’indique le programme, il n’est pour rien dans le Trio Op.11 pour piano clarinette et violoncelle de Beethoven : en effet Patrick Vilaire au basson joue exactement avec son instrument la partition écrite pour le violoncelle (sauf bien sûr pour les doubles cordes !), un trio, qui pour être moins connu, ne dépare pas ce programme.

Les célèbres quintettes de Mozart et de Beethoven, très souvent présentés ensemble au disque et probablement au concert sont l’exemple type d’œuvres « sœurs » dont l’une a été l’inspiratrice de l’autre. Mozart, l’aîné, a écrit le sien alors qu’il était au faîte de sa maturité en 1784 et la commente ainsi dans un courrier à son père : « Je considère que c’est la meilleure oeuvre que j’aie composée ». Pas étonnant qu’elle ait séduit le jeune Beethoven, qui n’était du genre à plagier ses confrères faute d’inspiration ! Et c’est un véritable hommage qu’il lui rend prenant cette oeuvre comme modèle, sans se départir de son originalité jouant plus sur l’opposition des timbres et la tirant vers le romantisme naissant.

La finesse, l’élégance, ne manquant pas de plénitude dans les tutti, la beauté des sonorités, un jeu d’ensemble où chacun est à l’écoute de l’autre, plutôt que soucieux de se mettre en valeur...il fût bien difficile à la fin du concert de s’arracher à un tel moment de bonheur.

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- Aix-les-Bains
- Abbaye d’Hautecombe, grange batelière
- 28 septembre 2008
- Franz Schubert (1797-1828), Impromptu Op.90 n° 3, transcrit pour Hautbois d’amour et piano ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Quintette pour piano et vents en Mi bémol majeur KV452 ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Trio en Si bémol majeur pour clarinette, violoncelle et piano (la partie de violoncelle jouée au basson) Op.11, Quintette pour piano et vents en Mi bémol majeur op.16
- Quintette à vents Moraguès
- Alain Planès piano











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