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Liège

Cologne-Liège-Paris

Orchestre Philharmonique de Liège
samedi 17 novembre 2007 par Richard Letawe
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Concerto Köln
©S.Gawlick

Ce vingt-huit septembre, alors que l’OPL était au festival Musica de Strasbourg avec Pascal Rophé, son port d’attache, la Salle Philharmonique accueillait son ancien directeur musical, Louis Langrée, à la tête du Concerto Köln. Dans notre dernier compte-rendu liégeois, à propos du concert des Agrémens, qui proposait un programme très proche de celui-ci, nous déplorions une audience bien maigre. L’affluence de ce soir est bien meilleure, sans toutefois faire le plein. De nombreux sièges au parterre restent vides, et les deux galeries du haut restent fermées. Le Concerto Köln est pourtant l’un des orchestres sur instruments anciens les plus fameux du moment, et la présence à sa tête de Louis Langrée, toujours très apprécié à Liège, aurait dû suffire à faire le plein. Cette relative désertion, que nous n’avions pas remarquée la saison dernière lors de la première venue du Concerto Köln à Liège, est-elle due à l’horaire un peu inhabituel du concert, la gloire du Concerto Köln n’a-t-elle pas atteint les bords de Meuse, ou bien une partie du public liégeois n’a-t-il envie d’entendre que ce qu’il connaît, les noms de Johann Christoph Vogel, Rodolphe Kreutzer, la musique de Thamos lui étant trop peu familiers ? Vogel est l’un des très nombreux musiciens du XVIIIe siècle qui quittèrent leur patrie chercher une meilleure situation ailleurs en Europe. Il naît à Nuremberg en 1756, et meurt à Paris trois ans avant Mozart. L’ouverture de son opéra Démophon débute par un grand portail solennel, enchaîné à un allegro ardent, typique de la musique inspirée par le mouvement du Sturm und Drang. Sans être inoubliable, cette ouverture ne manque ni de feu ni d’allure, et constitue un beau début de programme. En prélude à la deuxième partie, l’ouverture de Paul et Virginie de Kreutzer sera bien moins substantielle, contenant un joli motif pastoral, qui aurait mérité d’être mieux développé, et beaucoup de remplissages par ailleurs. A la niaiserie littéraire répond donc la futilité musicale. La pièce de résistance de la soirée est constituée par la Symphonie n°83, La Poule, de Joseph Haydn. Louis Langrée en donne une version véloce et énergique, tout en restant parfaitement limpide. Les phrasés sont souples, très diversifiés, et les accents sont très minutieusement dosés, pour donner une gamme très étendue de nuances. Le premier mouvement est dense, puissant et tendu, très dramatique, et d’une netteté de contours assez saisissante. Dans l’Andante, Langrée se délecte du jeu des pupitres de cordes, variant les attaques et accentuant les contrastes dynamiques, au prix, en fin de mouvement, d’un certain maniérisme. S’oubliant un peu, le chef néglige les vents, et couvre avec les cordes un magnifique solo de flûte qui aurait dû être mieux mis en avant. Il ne commet pas cette erreur dans le trio, en laissant aux vents les coudées franches. A l’écoute de l’élégance, du charme et de l’esprit que met Langrée dans ce troisième mouvement, puis de la fougue et de la verdeur du finale, on soupire d’aise, tant il expose de manière éclatante le génie du compositeur. Le concert comprenait également des extraits de l’Orphée et Eurydice de Gluck (Ouverture, Air des Furies et Ballet des Ombres heureuses), dirigés de façon dramatiquement très efficace, mais avec parfois un peu de raideur, et, en fin de programme les interludes composés par Mozart pour la pièce Thamos, roi d’Egypte, qui resteront à coup sûr le deuxième temps fort de la soirée. Langrée aborde cette musique sombre, dans laquelle le jeune Mozart met une violence inédite, en visionnaire : cravachant les rythmes avec audace, en soulignant toutes les tensions, toutes les ruptures, tout le pathos. Les tempi sont débridés, l’urgence dramatique est inouïe, les angles exacerbés, et la force de cette interprétation laisse le commentateur un peu démuni. La saison liégeoise de Louis Langrée ne se termine pas avec ce fantastique concert, dont le seul manquement fut d’être un peu court. Ce mois d’octobre, il entame avec l’OPL une tournée en Espagne qui débutera par Bruxelles, et au mois de mai prochain, il sera la cheville ouvrière du Festival Brahms.

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- Liège
- Salle Philharmonique
- 28 septembre 2007
- Johann Christoph Vogel (1756-1788), Démophon, Ouverture
- Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Orphée et Eurydice, Ouverture et Suite
- Joseph Haydn (1732-1809), Symponie n°83 en Sol mineur « La Poule » Hob. I/83
- Rodolphe Kreutzer (1766-1831), Paul et Virginie, Ouverture
— Wolgang Amadeus Mozart (1756-1791), Thamos, roi d’Egypte KV345/336a, Chœurs et interludes
- Concerto Köln
- Louis Langrée, direction











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