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Collage baroque en ouverture du Festival de Saintes ...

lundi 13 juillet 2009 par Benoît Donnet
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© Concert Spirituel ; Nicole Bergé

Pour l’entrée en matière de l’édition 2009 du Festival de Saintes, les rênes étaient confiées à Hervé Niquet, qui a interprété avec son Concert Spirituel, le Requiem de Bouteiller entrecoupé d’extraits d’oeuvres liturgiques du Grand Siècle. Si l’agencement d’une telle compilation laisse un peu dubitatif, il faut toutefois saluer la qualité des interprètes.

Sur scène, Hervé Niquet dirige douze chanteurs solistes assistés par un positif, cinq violoncelles et une contrebasse, dans ce qui apparaît évidemment comme une transcription d’oeuvres écrites pour un effectif moins intimiste. Le principe du concert, sans entracte, est simple : Niquet dirige le Requiem de Bouteiller introduit, agrémenté et conclu par des fragments d’oeuvres de compositeurs du XVIIème siècle, inconnus comme Le Prince, Frémart, Hugard ou Brossard, ou bien de Charpentier. Si le tout sonne bien à l’oreille, si l’agencement obéit à une certaine logique, avec des pièces d’interlude qui illustrent et prolongent l’esthétique méditative de l’oeuvre principale, tout cela nous semble tout de même un peu douteux sur le plan de la fidélité à la partition : n’y a t-il pas risque, en fragmentant le Requiem, d’en altérer l’économie interne ? D’autant que ce n’est pas vraiment l’oeuvre elle-même, dans son pouvoir évocateur premier, qui est transmise au public, et qu’en ajoutant au programme des pièces qui n’en modifient pas l’atmosphère, Niquet prend le risque - ou joue la carte - d’une certaine monotonie qui a pu par moment paraître un peu regrettable.

Car, malgré l’intérêt que Hervé Niquet lui porte et l’attention avec laquelle il le fait connaître, Bouteiller ne nous semble pas un compositeur essentiel. De bonne facture, bien construit, habilement contrasté, son Requiem ne manque pas de qualités, mais l’inoubliable lui fait défaut, pourrions-nous dire : voilà de la belle musique, recueillie et émouvante, mais passagère et anecdotique. Si certains passages se distinguent (Elévation, Sanctus), d’autres se fondent dans la masse et se perdent dans la grisaille d’une partition un peu longue, bien que substantielle. Parmi les pièces proposées en interlude, le De Profundis de Charpentier nous semble la plus intéressante, tandis que les divers extraits instrumentaux sont affectées d’une certaine - et finalement un peu fâcheuse -uniformité. Un programme alourdi et donc partiellement inopérant, c’est ce que nous retiendrons d’un choix dont la maladresse aurait pu devenir de l’originalité.

Ce défaut est d’autant plus regrettable que les interprètes ont été à la hauteur d’un concert d’ouverture : la direction précise et visiblement attentive de Hervé Niquet dévoile un Concert Spirituel inspiré, aux violoncelles un peu faux, au clavecin un peu hésitant, mais sans que cela ne devienne dommageable, et aux parties vocales remarquables d’engagement et d’exactitude, en dépit d’une certaine confusion d’ensemble.

Un concert d’ouverture moins abouti que celui de l’année précédente, sur du Haendel à notre avis plus nourrissant, mais qui n’avait rien de honteux pour autant.

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- Saintes
- Abbaye aux Dames
- 10 juillet 2009
- Pierre Bouteiller (1655-1717), Requiem
- Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), De Profundis H 211 ; Stabat Mater
- Henri Frémart (?-1651), Missa Eripe, extrait instrumental et Agnus Dei
- Pierre Hugard (1726-1761), Missa Redde, extrait instrumental
- Louis Le Prince (1621-1686), Missa Macula, extraits instrumentaux : Sanctus et Hosanna
- Sébastien de Brossard (1655-1730), Stabat Mater
- Le Concert Spirituel
- Hervé Niquet, direction











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