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Chaleureux hommage à Maïa Plissetskaïa au Théâtre des Champs-Elysées

mardi 7 décembre 2010 par Hermine Ferrand
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© Marc Haegeman

La grande danseuse russe a été célébrée lundi 06 décembre lors d’une soirée de gala en son hommage. En dépit des nombreux désistements de dernière minute des étoiles initialement prévues, c’est un très beau et enthousiasmant gala qui fut offert au public parisien par des danseurs russes pour la plupart, qui n’ont pourtant pas réussi à voler la vedette à la reine de la soirée.

Pour fêter les 85 ans de Maïa Plissetskaïa, Andris Liepa avait prévu une soirée de pas de deux autour des plus grands noms de la danse actuelle (Anastasia et Denis Matvienko, Evguenia Obraztsova, Agnès Letestu...). Malheureusement, les danseurs cités n’ont finalement pas pu venir (principalement pour cause de blessures). Et cependant, malgré les remplacements de dernière minute, le spectacle offert fut parfaitement satisfaisant. Ce type de gala, réunissant les plus grands danseurs dans les extraits les plus célèbres du répertoire, est rarissime à Paris (si l’on excepte le traditionnel Gala des Etoiles qui réunit plutôt de jeunes espoirs). De plus, même si Maïa Plissetskaïa n’a pas dansé, sa présence dans la salle est déjà en elle-même un événement.

Le public a en effet réservé un accueil enthousiaste à la danseuse, venue gagner sa place dans la salle après la projection de quelques images d’archives retraçant brièvement sa carrière (extraits du documentaire Ave Maïa de Nikita Tikhonov). La danseuse a remercié ses admirateurs par d’incroyables ports de bras, paraissant toutefois parfaitement naturels venants d’un tel monstre sacré ! Le gala pouvait commencer avec deux pages célèbres entre toutes du répertoire : Le Corsaire et La Belle au bois dormant. En Corsaire, Andreï Batalov (du Mariinsky) installe d’entrée de jeu une ambiance électrique, secondé par une Alexandra Timofeeva (du ballet du Kremlin) à la technique remarquable (superbes tours planés). C’est ce même couple qui conclura la soirée avec un Don Quichotte à la coda découpée en trois parties, ce qui devient malheureusement une habitude. Perfection technique également avec le couple suivant, la sublime Ludmila Konovalova (du Ballet de Berlin) et un Semyon Chudin (du Stanislavski) très léger dans ses sauts, dans La Belle au bois dormant et le pas de deux du cygne noir.

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© Marc Haegeman

A ces jeunes artistes succédaient Ilze Liepa et Nicolaï Tsiskaridzé, qu’on ne présente plus (couple formé à la hâte suite à la défection d’Agnès Letestu) dans Shéhérazade. Le charisme d’Ilze Liepa fera merveille par ailleurs dans deux autres solos contemporains, dont The Meeting, petit bijou vaudevillesque qui met en valeur ses talents de mime. Le climax de la soirée viendra du pas de deux du Talisman, dont Maria Alexandrova et Mikhaïl Lobukhin se jouent des difficultés avec insolence (dans les pizzicati pour la première, dans les grands sauts - non répertoriés dans le lexique chorégraphique- pour le second). Enfin, surprise de dernière minute, Ludmila Pagliero et Christophe Duquenne (premiers danseurs de l’Opéra de Paris) ont fait des débuts anticipés dans l’adage du Cygne Blanc, quatre jours avant leurs débuts officiels dans ce ballet à l’opéra Bastille. Seuls représentants de l’école française, ils ont défendu la chorégraphie de Noureev avec une sensibilité toute en retenue.

Enfin, la reine de la soirée est venue saluer sur la musique du Boléro de Ravel, et a gratifié le public des ports de bras de la chorégraphie de son ami Maurice Béjart. Impossible de croire qu’elle vient d’avoir 85 ans !

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- Paris
- Théâtre des Champs-Elysées
- 06 décembre 2010
- Alexandra Timofeeva et Andreï Batalov : Le Corsaire - pas de deux (A. Adam/ M. Petipa) ; Don Quichotte - Pas de deux (L. Minkus/M. Petipa)
- Ludmila Konovalova et Semyon Chudin : La Belle au bois dormant - Pas de deux (P. I. Tchaikovski/ M. Petipa) ; Le Lac des cygnes - Pas de deux (P. I. Tchaikovski/ M. Petipa)
- Ilze Liepa et Nicolaï Tsiskaridzé :Shéhérazade (N. Rimski-Korsakov/M. Fokine)
- Maria Alexandrova et Mikhaïl Lobukhin : Le Talisman - pas de deux (R. Drigo/M. Petipa)
- Ilze Liepa : Le Boléro (M. Ravel/ J. Smoriginas) ; The Meeting (M. Legrand, I. Krutoi/J. Smoriginas)
- Ludmila Pagliero et Christophe Duquenne : Le Lac des cygnes - adagio (P. I. Tchaikovski/M. Petipa)
- Maria Alexandrova et Andreï Merkuriev : Carmen Suite pas de deux (G. Bizet, R. Ctchedrine/A. Alonso)
- Andrei Merkuriev : Adagio (JS Bach/A. Miroshnichenko)
- Projection d’extraits du film documentaire « Ave Maïa » par Nikita Tikhonov





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